Thème de la semaine – Volume 03 Numéro 33
De la Forteresse du Tawḥid à la Mission du Renouveau
Le lien entre deux enseignements fondamentaux de l’Imam al-Riḍa (que la paix soit sur lui)
Seyed Hashem Moosavi
Introduction
Parmi le riche corpus de narrations transmis par le seuil sacré de l’Imam al-Rida (que la paix soit sur lui), deux hadiths éminents et particulièrement célèbres ont constamment retenu l’attention des chercheurs, des prédicateurs et des penseurs.
Le premier est le Hadith de la Chaîne d’Or, une narration fondamentale en théologie et en science doctrinale. Le Tawhid y est présenté comme la forteresse divine imprenable, tandis que la condition essentielle d’un Tawhid authentique et de l’entrée dans ce sanctuaire divin est identifiée comme l’acceptation et la soumission à la wilaya et à l’imamat.
Le second est le Hadith de la Revivification de la Cause, une narration stratégique dans les domaines de la culture, de la société et de la communication religieuse. Il présente le modèle le plus vital pour faire vivre l’école des Gens de la Maison (Ahl al-Bayt, que la paix soit sur eux), qui consiste à apprendre leurs sciences et à exposer aux gens la beauté et l’excellence de leurs paroles.
Cependant, une analyse de la littérature savante et de l’approche dominante dans les cercles religieux montre que ces deux narrations sont souvent étudiées séparément et sans prêter attention à leur lien intime : le premier hadith dans des contextes théologiques et pour prouver l’imamat, et le second dans des contextes missionnaires et culturels en tant que recommandation pour l’activité religieuse et culturelle.
La question centrale de cet article est la suivante : comment établir un lien systématique entre l’enseignement théologique de Hadith de la Chaîne d’Or et la stratégie culturelle de Hadith de la Revivification de la Cause, et quel modèle conceptuel et pratique cette synthèse offre-t-elle pour l’être humain et la société contemporains ?
N’existe-t-il pas une relation plus profonde entre ces deux déclarations ? Le Hadith de la Revivification de la Cause ne peut-il pas être compris comme la continuation pratique et sociale de Hadith de la Chaîne d’Or ? Il apparaît que ces deux hadiths sont les deux parties d’un système cohérent, et qu’il existe entre eux une relation de développement et d’actualisation : le Hadith de la Chaîne d’Or présente la vérité et la destination, tandis que le Hadith de la Revivification de la Cause montre la voie pour amener la société à cette destination. Le premier évoque la place de l’Imam dans le système de la guidée, et le second, la responsabilité des partisans de l’Imam dans la continuité de cette guidée.
Tawhid : Une forteresse qui doit être habitée
En l’an 200 de l’Hégire, lors du voyage de l’Imam al-Rida de Médine à Marw, lorsqu’il arriva à Nishapur, un groupe de savants du hadith et d’hommes érudits se rassembla autour de sa monture et lui demanda de narrer un hadith avant de quitter la ville. L’Imam (que la paix soit sur lui) mentionna la chaîne des transmetteurs un à un, depuis son noble père l’Imam Musa al-Kazim (que la paix soit sur lui) jusqu’au Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui et sa famille) et jusqu’à l’ange Gabriel ; puis, citant Dieu le Très-Haut, il déclara :
«کَلِمَةُ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ حِصْنِی، فَمَنْ دَخَلَ حِصْنِی أَمِنَ مِنْ عَذَابِی»
« La parole « Il n’y a de divinité qu’Allah » est Ma forteresse ; quiconque entre dans Ma forteresse est à l’abri de Mon châtiment. »
La caravane commença à se mettre en marche, mais l’Imam (que la paix soit sur lui) attira de nouveau l’attention du peuple et déclara :
«بِشُرُوطِهَا وَأَنَا مِنْ شُرُوطِهَا»
« Avec ses conditions — et je suis l’une de ses conditions. »
(al-Ṣaduq, al-Tawḥid, 1389 de l’Hégire, p. 25)
Le choix du mot « forteresse » est hautement significatif. Une forteresse n’est pas simplement une idée ou une proposition mentale ; c’est un bastion qui doit être habité et intégré. Une personne peut en savoir beaucoup sur un château, être familière de son plan et vanter la solidité de ses murs, mais tant qu’elle n’y entre pas, elle ne bénéficie en rien de sa sécurité.
Le Tawhid, de même, ne se résume pas à accepter la simple idée que le monde a un Créateur. Nombre de ceux qui se sont opposés aux prophètes (que la paix soit sur eux) ne niaient pas Dieu en tant que Créateur. Le Coran dit des polythéistes:
«وَلَئِنْ سَأَلْتَهُمْ مَنْ خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ لَیَقُولُنَّ اللَّهُ»
« Si tu leurs demandes : « Qui a créé les cieux et la Terre ? « , ils diront, certes : « Allah ! » » (Luqman, 31 :25)
Leur problème n’était pas qu’ils ignoraient Dieu en tant que Créateur ; c’est plutôt qu’ils n’avaient pas confié la souveraineté, l’obéissance et l’orientation de leur vie à Dieu. Par conséquent, le Tawhid salvateur n’est pas seulement un « savoir », ni même une simple « prononciation » ; c’est l’entrée dans le domaine de la servitude envers Dieu et l’acceptation de tout ce que cela implique.
Pourquoi le Tawhid a-t-il des conditions ?
Après avoir présenté le Tawhid comme la forteresse divine, l’Imam al-Rida (que la paix soit sur lui) évoque immédiatement ses « conditions ». Cette expression empêche quiconque de réduire le Tawhid à une simple affirmation facile et dénuée d’exigence. « Il n’y a de divinité qu’Allah » signifie que nul autre qu’Allah ne détient une autorité indépendante dans la création, la législation, la gouvernance ou la détermination de la voie de la guidée. Si Dieu désigne un prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui et sa famille) pour guider les hommes, accepter ce prophète fait partie des conditions de la sincérité dans le Tawhid. Si le Prophète, par ordre divin, présente un Imam (que la paix soit sur lui) et un garant pour la continuité de cette voie, l’acceptation de cet Imam s’inscrit également dans la continuité de l’obéissance à Dieu.
Ainsi, lorsque l’Imam al-Rida (que la paix soit sur lui) affirme : « Et je suis l’une de ses conditions », il ne se place pas aux côtés de Dieu ni en parallèle du Tawhid ; il clarifie plutôt le rang de l’Imam désigné par Dieu au sein de la voie de la servitude envers le Créateur. L’obéissance à l’Imam n’est pas une soumission aveugle motivée par une simple affection personnelle, mais bien la reconnaissance d’un guide dont la légitimité émane directement de Dieu.
Le Noble Coran déclare :
«یَا أَیُّهَا الَّذِینَ آمَنُوا أَطِیعُوا اللَّهَ وَأَطِیعُوا الرَّسُولَ وَأُولِی الْأَمْرِ مِنْکُمْ»
« Ô les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement. » (Al-Nisa, 4 :59)
Par conséquent, l’imamat ne fait pas concurrence au Tawhid ; il constitue la voie par laquelle le Tawhid est préservé de la distorsion et de l’égarement. L’Imam (que la paix soit sur lui) transforme le Tawhid d’un concept général et sujet à interprétation en un programme de vie clair. Sans la guidée de l’Imam, chaque pouvoir et chaque mouvement peut proposer sa propre lecture au nom de Dieu, allant jusqu’à revêtir l’oppression, le matérialisme et la domination sous les habits de la religion. C’est là, peut-être, le secret de l’insistance de l’Imam al-Rida sur le fait que l’imamat est une « condition » : tout le monde parle de Dieu, mais tous les chemins ne mènent pas à Dieu. Pour atteindre la destination divine, il faut emprunter la voie que Dieu Lui-même a tracée.
Si l’Imam (que la paix soit sur lui) est une condition de la guidée, comment les générations futures se connectent-elles à lui ?
Ici surgit une question fondamentale : si l’Imam (que la paix soit sur lui) est l’une des conditions pour entrer dans la forteresse du Tawhid, comment les gens vivant à d’autres époques et en d’autres lieux peuvent-ils le connaître et suivre sa voie ? Comment le message de l’Imam franchit-il les frontières de Nishapur, de Médine et de Marw pour atteindre les générations futures ?
Le Hadith de la Revivification de la Cause peut être compris comme la réponse de l’Imam al-Rida à cette interrogation même. Abd al-Salam ibn Salih al-Harawi, connu sous le nom d’Abu Salt, rapporte de sa part :
«رَحِمَ اللَّهُ عَبْداً أَحْیَا أَمْرَنَا»
« Qu’Allah fasse miséricorde à un serviteur qui fait revivre notre cause ! »
Abu Salt demanda :
«وَکَیْفَ یُحْیِی أَمْرَکُمْ؟»؛
« Et comment fait-on revivre votre cause ? »
L’Imam (que la paix soit sur lui) répondit :
«یَتَعَلَّمُ عُلُومَنَا وَیُعَلِّمُهَا النَّاسَ، فَإِنَّ النَّاسَ لَوْ عَلِمُوا مَحَاسِنَ کَلَامِنَا لَاتَّبَعُونَا»
« Il apprend nos sciences et les enseigne aux gens, car si les gens connaissaient la beauté de nos paroles, ils nous suivraient. »
(Uyun Akhbar al-Riḍa, vol. 1, p. 240)
Ce hadith introduit, en réalité, le lien unissant l’Imam (que la paix soit sur lui) aux générations futures. L’Imam est la source de la guidée, mais ses partisans conscients, dignes de confiance et compétents doivent transmettre cette guidée à la société. Si les sciences de l’Imam ne sont pas apprises, si elles ne sont pas comprises correctement et si elles ne sont pas présentées aux gens dans un langage adapté, le nom de l’Imam risque d’être célèbre tandis que sa « cause » demeure négligée au sein de la société.
De la Chaîne d’Or de la Narration à la Chaîne Vivante de la Guidée
Le Hadith de la Chaîne d’Or dévoile une chaîne lumineuse. La vérité émane de Dieu le Très-Haut ; l’ange Gabriel la transmet au noble Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui et sa famille) ; le Prophète la transmet au Commandeur des Croyants (que la paix soit sur lui), et chaque Imam transmet le dépôt à l’Imam qui lui succède, jusqu’à ce que cette vérité parvienne aux habitants de Nishapur par la voix de l’Imam al-Rida (que la paix soit sur lui). Telle est la chaîne par laquelle la vérité est transmise depuis la source de la révélation jusqu’à l’Imam.
Le Hadith de la Revivification de la Cause place devant nous une autre chaîne : les partisans de l’Imam (que la paix soit sur lui) apprennent ses sciences ; ils les enseignent aux gens ; ces derniers se familiarisent avec la beauté des paroles des Ahl al-Bayt ; et par conséquent, ils choisissent leur voie. Ainsi, on peut affirmer que le Hadith de la Revivification de la Cause est le prolongement social de Hadith de la Chaîne d’Or. La chaîne d’or de la narration ne s’arrête pas avec l’Imam ; au contraire, à travers les savants, les prédicateurs, les écrivains, les enseignants, les parents et tous les partisans conscients des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux), elle doit devenir une chaîne vivante de guidée.
Bien entendu, nul après l’Imam (que la paix soit sur lui) n’occupe sa station d’infaillibilité ou d’autorité intrinsèque. La responsabilité des partisans n’est pas d’ajouter quoi que ce soit aux paroles de l’Imam ni de présenter des interprétations personnelles en son nom, mais d’apprendre, de comprendre et de transmettre fidèlement ses enseignements.
Faire revivre la cause commence par l’apprentissage
L’ordre des mots de l’Imam dans le Hadith de la Revivification de la Cause est d’une grande précision. Il dit d’abord : « Il apprend nos sciences », puis ajoute : « et les enseigne aux gens ». L’enseignement vient après l’apprentissage.
L’un des dangers récurrents qui menacent les enseignements religieux est de parler avant d’avoir appris. Parfois, avec l’intention de défendre la religion et les Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux), des personnes diffusent des informations incorrectes, faibles ou déformées. Un tel acte peut avoir une apparence religieuse, mais il ne s’agit pas de faire revivre la cause, car celle-ci se réalise à travers « nos sciences », et non à travers n’importe quel propos attribué aux Ahl al-Bayt.
Un messager de l’école de l’Imam al-Rida (que la paix soit sur lui) doit être un étudiant avant d’être un orateur. Avant de s’adresser aux autres, il doit s’asseoir avec humilité devant le Coran, le hadith et les savants qualifiés. Seul celui qui a d’abord permis au message de l’Imam de vivifier son propre intellect et son âme peut véritablement ranimer ce message pour autrui.
Par conséquent, faire revivre la cause n’est pas une simple activité médiatique ; c’est un processus intellectuel et éducatif. L’individu apprend d’abord, applique ensuite ce qu’il a appris dans sa propre vie, et ce n’est qu’alors qu’il le transmet aux autres avec honnêteté et clairvoyance.
Pourquoi « la beauté de nos paroles » ?
L’Imam al-Rida (que la paix soit sur lui) ne dit pas que si les gens entendent simplement nos noms, notre lignée ou nos vertus, ils nous suivront ; il affirme plutôt que s’ils connaissent « la beauté de nos paroles », ils nous suivront. Cette expression montre que les enseignements des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux) possèdent une beauté et un pouvoir d’attraction intérieurs. La rationalité, la quête de la justice, la dignité humaine, la modération, la spiritualité, la défense des opprimés, l’éthique, les valeurs familiales, la responsabilité sociale et la relation profonde entre les êtres humains et Dieu font tous partie des beautés de cette école. Si ce système est présenté correctement, la saine nature humaine (fitrah) ne le trouvera point étranger.
En même temps, l’accent mis sur « la beauté de nos paroles » fait peser une lourde responsabilité sur les prédicateurs et les communicateurs. Parfois, la beauté d’une vérité est voilée par la manière dont elle est présentée. Une déclaration pleine de sagesse peut être transmise dans un langage inadapté, avec un comportement dur, un raisonnement faible ou une méthode humiliante, et le public risque alors de se heurter à la faiblesse du locuteur plutôt qu’à la beauté de l’école. Faire revivre la cause des Ahl al-Bayt ne se résume pas à citer leurs mots ; c’est en révéler la splendeur. Cela exige à la fois de la fidélité dans le contenu, une connaissance de l’auditoire, un langage approprié, une réactivité face aux questions de notre temps et un caractère noble.
L’auditoire de l’Imam ne se limite pas aux seuls chiites
L’Imam (que la paix soit sur lui) dit : « et les enseigne aux gens. » Le mot « gens » élargit l’horizon de hadith bien au-delà d’un groupe restreint. Les enseignements des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux) ne servent pas uniquement à préserver la cohésion interne de leurs partisans ; ils constituent un message adressé à l’ensemble des êtres humains.
Cela se manifeste tout particulièrement dans le comportement de l’Imam al-Rida (que la paix soit sur lui). Il dialoguait avec des savants de différentes religions, des théologiens, des adeptes de divers courants et des questionneurs d’horizons variés, exposant la vérité par le raisonnement, l’éthique et le respect. Sa méthode reposait non pas sur l’imposition ou les clameurs, mais sur la clarification de la vérité de telle sorte que l’intellect de l’auditoire puisse en juger par lui-même.
La phrase « …car si les gens connaissaient… ils nous suivraient » montre également que si beaucoup restent éloignés des Ahl al-Bayt, c’est précisément parce qu’ils les ignorent, ou qu’ils ne les connaissent qu’à travers des récits incomplets et déformés. Dès lors, faire revivre la cause signifie briser le siège de l’ignorance et transmettre une image fidèle et lumineuse de l’école des Ahl al-Bayt à l’humanité tout entière.
Lorsque le nom de l’Imam est vivant mais que sa cause est négligée
L’on peut organiser des rassemblements en l’honneur de l’Imam (que la paix soit sur lui), évoquer ses vertus, visiter son sanctuaire et pleurer la tragédie de son martyre tout en manquant d’assimiler ses enseignements ou de les appliquer au quotidien. Dans une telle situation, le nom de l’Imam est bien vivant, mais sa « cause » n’est pas encore pleinement ressuscitée.
Faire revivre la cause se concrétise lorsque :
- L’amour se transforme en connaissance ;
- La connaissance mène à l’application (le suivi) ;
- Le suivi se mue en responsabilité.
Le pèlerinage doit rapprocher l’individu de la compréhension ; la compréhension doit conduire à l’obéissance ; et l’obéissance doit faire de nous les véritables porteurs du message de l’Imam au sein de la société.
Cela ne signifie en aucun cas qu’il faille amoindrir la valeur du pèlerinage, du deuil ou des manifestations d’amour. Ces actes comptent parmi les plus grands trésors spirituels de la communauté. Cependant, ils doivent atteindre leur destination ultime. Les larmes versées face à l’oppression subie par l’Imam al-Rida (que la paix soit sur lui) atteignent leur pleine maturité lorsqu’elles éveillent également la conscience face à l’exil de sa pensée et à la négligence de ses enseignements.
Du simple amoureux de l’Imam (que la paix soit sur lui) au porteur de son message
La mise en perspective de ces deux hadiths trace le portrait complet et vivant du véritable partisan de l’Imam al-Rida (que la paix soit sur lui). Celui-ci ne se limite pas à reconnaître l’imamat de l’Imam de manière théorique : il cherche, à travers lui, à pénétrer dans la forteresse imprenable du Tawhid tout en s’engageant à faire découvrir cette voie salvatrice à autrui.
- Le Hadith de la Chaîne d’Or rappelle que, sans l’acceptation de la guidance de l’Imam, la compréhension de l’unicité divine demeure vulnérable aux interprétations déviantes et incomplètes.
- Le Hadith de la Revivification de la Cause démontre que, sans l’effort conscient et soutenu des suiveurs, cette même guidance ne saurait atteindre les cœurs des hommes ni traverser les générations futures.
Les trois étapes de notre relation avec l’Imam al-Rida (que la paix soit sur lui) :
- La reconnaissance : Connaître l’Imam en tant que Preuve (Hujjah) et guide divinement désigné.
- L’assimilation : Apprendre les sciences, la sagesse et la beauté des enseignements de son école.
- La transmission : Transmettre ces vérités à la société avec rigueur, honnêteté, discernement et attrait.
S’arrêter au seul stade de l’affection ou de la dévotion émotionnelle revient à sous-exploiter le plein potentiel de notre lien avec l’Imam. L’amour est le moteur et le point de départ du mouvement spirituel, jamais son terminus. Le véritable amoureux de l’Imam (que la paix soit sur lui) s’approprie sa pensée, incarne sa noble conduite au quotidien et propage son message lumineux autour de lui.
Conclusion
Le Hadith de la Chaîne d’Or invite les êtres humains à pénétrer dans la forteresse du Tawhid et présente l’Imam (que la paix soit sur lui) comme l’une des conditions indispensables de cette entrée. Le Hadith de la Revivification de la Cause montre comment cette forteresse demeure ouverte aux générations futures : en apprenant les sciences des Ahl al-Bayt, en les enseignant aux gens et en révélant la splendeur de leurs paroles.
- Le premier hadith expose l’autorité de l’Imam.
- Le second explicite la responsabilité de la communauté.
L’un affirme que pour atteindre le pur Tawhid, il faut cheminer par la voie de l’Imam ; l’autre énonce que pour faire connaître ce chemin, le message de l’Imam doit être étudié et transmis à l’humanité. Sur cette base, faire revivre la cause de l’Imam al-Rida (que la paix soit sur lui) ne consiste en rien d’autre qu’à enraciner le Tawhid dans la pensée, l’éthique et la vie de la société. Commémorer son martyre ne se résume donc pas à ressasser l’oppression subie par un Imam dans le passé ; c’est renouveler un pacte sacré pour maintenir sa voie vivante dans le présent.
À Nishapur, l’Imam al-Rida (que la paix soit sur lui) a désigné la porte de la forteresse du Tawhid ; à travers le Hadith de la Revivification de la Cause, il a confié à ses partisans la noble responsabilité d’ouvrir ce chemin aux hommes.
La question essentielle n’est plus seulement de savoir à quel point nous aimons l’Imam al-Rida, mais plutôt : Qu’avons-nous appris de ses sciences, dans quelle mesure avons-nous suivi sa voie, et que faisons-nous pour faire découvrir la beauté de ses paroles au monde ?
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