L’écho éternel des récits coraniques – Volume 03 Numéro 22

Everlasting Tales of the Quran – Volume 03 Issue 22

L’espérance d’un enfant : L’histoire du prophète Ibrahim, de Hajar et d’Ismaïl (que la paix soit sur eux)

Depuis l’instant où le prophète Ibrahim (que la paix soit sur lui) et Sarah (que la paix soit sur elle) s’étaient mariés, ils n’avaient pas eu d’enfants. Ils étaient tous deux d’une patience remarquable, pleinement soumis au décret divin ; pourtant, ils ne cessèrent jamais d’invoquer Dieu pour avoir un enfant, alors même qu’ils continuaient à prendre de l’âge.

Ibrahim suggéra alors à Sarah de lui donner pour épouse sa servante, Hajar, afin que Dieu leur accordât peut-être, à travers elle, un enfant et un héritier. Voyant là une sage décision, Sarah y consentit.

Malgré des efforts accrus et des prières toujours plus sincères, de nombreuses années s’écoulèrent sans qu’aucun signe d’enfant n’apparaisse pour l’une ou l’autre de ces femmes. Pourtant, elles gardèrent l’espoir vivant au plus profond de leur cœur ; car elles savaient que Dieu retarde parfois l’exaucement des prières de Ses serviteurs les plus patients, sachant qu’ils continueront à L’invoquer avec encore plus de ferveur et de passion, et qu’Il aime entendre les supplications de Ses serviteurs.

L’exaucement de leurs prières

Un jour, Sarah regarda Ibrahim et lui dit : « Tu as vieilli. Pourquoi ne demandes-tu pas une fois encore à Dieu de nous accorder un enfant qui soit pour nous une source de joie ? Dieu t’a choisi comme Son ami intime, et S’Il le veut, Il exaucera ta prière. »

Le cœur brisé mais habité d’un espoir renouvelé, Ibrahim se tourna vers les cieux et implora : «رَبِّ هَبْ لِي مِنَ الصَّالِحِينَ» « Seigneur, accorde-moi un enfant vertueux. »

Dieu lui annonça alors la bonne nouvelle qu’Il le bénirait en lui donnant un fils endurant et vertueux : «فَبَشَّرْنَاهُ بِغُلَامٍ حَلِيمٍ» « Nous lui fîmes donc la bonne annonce d’un garçon plein de mansuétude. »

La naissance d’Ismaïl

Trois années s’écoulèrent encore avant que la prière d’Ibrahim ne fût exaucée. Contrairement à l’attente de Sarah, et à son profond chagrin, la réponse à l’invocation d’Ibrahim ne vint pas d’elle, mais de Hajar. Hajar lui donna un fils, qu’ils nommèrent Ismaïl.

Le chagrin de Sarah

Le foyer d’Ibrahim s’emplit de joie, mais un chagrin secret grandit dans le cœur de Sarah. Malgré sa foi et la noblesse de son âme, elle se sentait affligée par la tournure des événements. Dieu, qui connaît les secrets enfouis dans les cœurs de Ses serviteurs, voulut tracer un chemin vers la paix et une plus grande sagesse. C’est ainsi qu’Il ordonna à Ibrahim d’emmener Hajar et son nourrisson vers une autre terre — non point parce qu’ils avaient commis une faute, mais pour apaiser Sarah d’une part, et pour accomplir le plan divin concernant Ismaïl et sa descendance d’autre part.

Ibrahim demanda : « Mon Seigneur, où dois-je les emmener ? » Dieu répondit : « Vers Mon Sanctuaire Sacré, vers le premier lieu que J’ai créé sur la terre — vers Bakkah. » Dieu envoya l’ange Gabriel accompagné d’une monture nommée al-Burāq pour transporter Ibrahim, Hajar et Ismaïl jusqu’à Bakkah. Avant leur départ, Sarah fit promettre à Ibrahim qu’il ne descendrait pas de sa monture là où il les laisserait, et qu’il reviendrait immédiatement auprès d’elle. Ibrahim accepta, fidèle à l’engagement qu’il avait pris envers elle lors de leur mariage.

Le voyage vers Bakkah

Chaque fois qu’ils traversaient une terre fertile, couverte d’arbres et de pâturages, Ibrahim demandait à Gabriel : « Est-ce ici le lieu ? » Et Gabriel répondait : « Non, il nous faut aller plus loin. » Enfin, ils arrivèrent à Bakkah. Al-Burāq les déposa au cœur d’un désert aride, au milieu de ruines qui s’apparentaient à un monticule de terre rougeâtre.

Fidèle à la promesse qu’il avait faite à Sarah, Ibrahim resta en selle sur al-Burāq et ne posa pas pied à terre. Hajar le regarda avec anxiété et s’écria : « Ô Ibrahim ! Pourquoi nous laisses-tu dans un lieu où il n’y a ni compagnon, ni eau, ni pâturage ? » Les yeux pleins de larmes, Ibrahim répondit : « Celui qui m’a ordonné de vous laisser ici veillera sur vous et vous protégera. » Puis, il se tourna vers la Demeure de Dieu et murmura cette prière :

«رَبَّنَا إِنِّي أَسْكَنْتُ مِنْ ذُرِّيَّتِي بِوَادٍ غَيْرِ ذِي زَرْعٍ عِندَ بَيْتِكَ الْمُحَرَّمِ…»

« Ô notre Seigneur, j’ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans agriculture, près de Ta Demeure Sacrée… »

Gabriel dit alors à son tour : « Ibrahim vous a confiés à Celui qui vous suffit. » Puis ils s’en allèrent, les laissant seuls en ce lieu.

La quête de l’eau

Près de ces ruines ne se dressait qu’un arbre desséché. Hajar utilisa son manteau pour confectionner un peu d’ombre et y allongea l’enfant. À mesure que le soleil montait dans le ciel, Ismaïl fut pris de soif. En quête d’eau, Hajar gravit la colline la plus proche — dont elle apprit plus tard qu’elle s’appelait Ṣafā — et s’écria : « Y a-t-il une âme amie dans cette vallée ? » N’apercevant pas Ismaïl depuis ce sommet, elle redescendit. Elle remarqua alors un mirage sur la colline opposée, Marwah, et courut vers elle ; mais une fois arrivée, elle s’aperçut qu’il n’y avait rien. À nouveau, ne pouvant voir Ismaïl, elle revint sur ses pas. Sept fois, elle fit ainsi l’aller-retour entre Ṣafā et Marwah.

Épuisée et angoissée, lorsqu’elle revint enfin auprès d’Ismaïl, elle vit de l’eau jaillir miraculeusement et sourdre à ses pieds. Elle s’empressa de l’entourer de sable pour en contenir le flux. Cette eau devint plus tard célèbre sous le nom de Zamzam.

Le pacte avec la tribu de Jurhum

Dans la plaine s’étendant près d’‘Arafāt, la tribu nomade de Jurhum avait établi son camp. Remarquant des oiseaux qui tournoyaient au loin, ils comprirent qu’il devait y avoir de l’eau en ce lieu et envoyèrent plusieurs hommes pour explorer les environs. Ces derniers découvrirent Hajar et Ismaïl assis près d’une source et leur demandèrent : « Qui êtes-vous ? » Hajar répondit : « Je suis la servante d’Ibrahim, l’Ami de Dieu, et voici son fils. Dieu lui a ordonné de nous laisser ici. » Ils demandèrent alors : « Nous permettrais-tu de nous installer près de vous ? » Hajar répondit : « Je vous l’accorde, jusqu’au retour d’Ibrahim. » Trois jours plus tard, Ibrahim revint leur rendre visite. Hajar lui demanda son autorisation, ce qu’il accepta de tout cœur. Puis, il prononça cette prière :

«رَبِّ اجْعَلْ هذا بَلَداً آمِناً وَ ارْزُقْ أَهْلَهُ مِنَ الثَّمَراتِ مَنْ آمَنَ مِنْهُمْ بِاللَّـهِ وَ الْيَوْمِ الْآخِرِ قالَ وَ مَنْ كَفَرَ فَأُمَتِّعُهُ قَلِيلاً ثُمَّ أَضْطَرُّهُ إِلى‏ عَذابِ النَّارِ وَ بِئْسَ الْمَصِيرُ» (البقرة ۱۲۶)

« Ô mon Seigneur ! Fais de cette cité un lieu de sécurité, et fais attribution des fruits à ceux qui parmi ses habitants auront cru en Allah et au Jour Dernier », le Seigneur dit : « Et quiconque n’y aura pas cru, alors Je lui concéderai une courte jouissance [ici-bas], puis Je le contraindrai au châtiment du Feu [dans l’au-delà]. Et quelle mauvaise destination! » (Coran al-baqarah, 2:126)

La tribu de Jurhum s’installa à Bakkah et devint une source de réconfort et de soutien pour Hajar. Chaque famille de Jurhum offrit une brebis à Ismaïl, et ce troupeau grandissant permit de subvenir aux besoins de Hajar et d’Ismaïl jusqu’à ce que ce dernier grandisse et devienne capable de pourvoir lui-même à sa subsistance.

Les caravanes, qui évitaient autrefois Bakkah en raison de l’absence d’eau, apercevaient désormais les oiseaux et les signes annonciateurs de la source. Hajar et Ismaïl leur fournissaient de l’eau et recevaient, en retour, de la nourriture et des provisions de première nécessité. Cela combla de joie Ibrahim et Hajar, car dès le premier jour, Dieu avait accompli Sa promesse de veiller sur eux.

Le songe d’Ibrahim

Ibrahim aimait Ismaïl d’un amour profond et le considérait comme son unique héritage. Une nuit, il vit en songe qu’il devait accomplir une chose qu’aucun être humain ne saurait endurer. Au matin, il éveilla son fils et lui dit :

«يَا بُنَيَّ إِنِّي أَرَىٰ فِي الْمَنَامِ أَنِّي أَذْبَحُكَ فَانظُرْ مَاذَا تَرَىٰ» ; « Ô mon fils, je me suis vu en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses. »

Parce qu’Ibrahim était un prophète, ses songes constituaient une révélation divine, et il savait qu’il s’agissait là d’un ordre de Dieu. Pourtant, puisque Dieu le mettait à l’épreuve, il souhaita lui aussi éprouver son fils. Avec un calme saisissant, Ismaïl répondit  : «يَا أَبَتِ افْعَلْ مَا تُؤْمَرُ ۖ سَتَجِدُنِي إِن شَاءَ اللَّهُ مِنَ الصَّابِرِينَ»« Ô mon père, fais ce qui t’est ordonné. S’il plaît à Dieu, tu me trouveras du nombre de ceux qui endurent. »

Il n’hésita pas un seul instant. Bien qu’encore jeune, il savait qui était son père et qui était Dieu, et il comprenait que la sagesse divine perçoit ce qui échappe à la raison humaine. Puis il ajouta : « Je te demande seulement de me lier les mains et les pieds afin que je ne me débatte pas ; relève tes vêtements pour que mon sang ne les tache point, de peur que ma mère ne le voie ; affûte la lame et passe-la promptement sur ma gorge afin que la mort me soit plus douce, car l’agonie est une chose terrible. »

Les yeux pleins de larmes, Ibrahim dit : « Quel magnifique soutien tu es pour moi dans l’accomplissement de l’ordre de Dieu. »

Le dialogue entre Satan et Ibrahim

Ibrahim et Ismaïl se mirent en route vers Minā sous le prétexte de ramasser du bois de chauffe, car Dieu avait ordonné que le sacrifice fût accompli en ce lieu. En chemin, Satan leur apparut sous les traits d’un vieillard et dit : « Ô Ibrahim, qu’as-tu l’intention de faire de ce garçon ? » Ibrahim répondit : « Je dois l’immoler. » Le vieillard s’exclama : « Gloire à Dieu ! Tu tuerais un enfant qui n’a commis aucun péché ? » Ibrahim répliqua : « C’est Dieu qui me l’a ordonné. » Le vieillard dit : « Non, Dieu interdit une telle chose. C’est Satan qui t’ordonne d’agir ainsi. » Ibrahim répondit : « Non. Celui qui m’a élevé à ce rang est Celui-là même qui me l’a ordonné. Je ne parlerai pas davantage avec toi. »

Lorsqu’ils atteignirent Minā, le vieillard prit de nouveau la parole : « Ô Ibrahim ! Tu es un guide, et les gens suivent ton exemple. Si tu tues ton fils, d’autres tueront également les leurs. » Mais Ibrahim avait résolu de n’obéir qu’au seul commandement de Dieu. Alors, le vieillard disparut.

Le dialogue entre Satan et Hajar

Pendant ce temps, Hajar vaquait à ses occupations lorsque le même vieillard s’approcha d’elle et lui dit : « Sais-je ce que fait ce vieil homme que j’ai vu là-bas ? » Hajar répondit : « C’est mon époux, et le garçon qui l’accompagne est mon fils. » Le vieillard s’exclama : « J’ai vu ce vieil homme allonger ton fils sur le sol et placer une lame sur sa gorge pour l’immoler ! » Hajar répliqua : « Tu mens. Ibrahim est le plus miséricordieux des hommes. Comment pourrait-il sacrifier son propre fils ? » Le vieillard jura alors : « Par le Seigneur des cieux et de la terre, et par le Seigneur de ce sanctuaire, je l’ai vu coucher ton fils à terre et poser un couteau sur sa gorge. » Hajar demanda : « Pourquoi ferait-il une chose pareille ? » Le vieillard répondit : « Il est convaincu que son Seigneur le lui a ordonné. » Avec calme, Hajar dit alors : « S’il en est ainsi, il a pleinement raison d’obéir à son Seigneur. »

Le sacrifice d’Ismaïl

À Minā, Ibrahim lia les mains et les pieds d’Ismaïl et releva ses vêtements, tout comme son fils le lui avait demandé. Il affûta la lame et tourna le visage d’Ismaïl vers les ruines de la Ka‘bah. Les yeux pleins de larmes mais le cœur ferme, il passa la lame sur la gorge de son fils. Il s’attendait à voir apparaître les signes de la mort, mais à sa grande stupeur, la lame ne coupa point, et Ismaïl demeura calme et sain et sauf. À cet instant précis, un appel retentit de la part de Dieu : «يَا إِبْرَاهِيمُ قَدْ صَدَّقْتَ الرُّؤْيَا» « Ô Ibrahim ! Tu as confirmé la vision. »

Puis Dieu dit : «وَفَدَيْنَاهُ بِذِبْحٍ عَظِيمٍ» « Et Nous le rançonnâmes par un sacrifice d’une immense grandeur. »

« Nous t’avons soumis à une terrible épreuve afin que tu sois préparé aux plus hautes récompenses du Paradis. C’était là l’épreuve manifeste que Je te promettais il y a des années, lorsque Je disais : « Je te ferai don d’un fils plein de mansuétude, puis J’éprouverai ton obéissance à travers lui. » »

Le bélier envoyé à sa place

Gabriel apporta un bélier magnifique depuis le mont Thabīr et le présenta à Ibrahim. Il lui apprit que ce noble animal remplacerait Ismaïl en tant que sacrifice offert à Dieu. Submergé par le soulagement et la joie, Ibrahim détacha son fils et l’enlaça, les yeux emplis de larmes de bonheur. Puis, ensemble, ils immolèrent le bélier et glorifièrent Dieu.

Le rang le plus élevé

Dès l’aube de son existence, Ibrahim fit face à des épreuves parmi les plus dures qu’un être humain puisse endurer. Enfant, il fut contraint de vivre dans une grotte. Il fut jeté dans un brasier géant. Il fut chassé de sa famille et de sa patrie. Jusqu’à un âge avancé, la bénédiction d’avoir des enfants lui fut refusée, et lorsqu’enfin un fils lui fut accordé, il reçut l’ordre de l’immoler. Pourtant, à travers toutes ces épreuves, Ibrahim demeura inébranlable dans sa dévotion envers Dieu. Dieu le récompensa en conséquence : Il fit de lui d’abord un prophète, puis un messager, et enfin Son ami intime (Khalīl).

Après cette immense épreuve, Dieu accorda à Ibrahim une station plus élevée encore et fit de lui un guide pour l’humanité :

«إِنِّي جَاعِلُكَ لِلنَّاسِ إِمَامًا» « Certes, Je vais faire de toi un guide (Imam) pour les gens. »

Ibrahim demanda :

«قَالَ وَمِن ذُرِّيَّتِي» « Et parmi ma descendance ? »

Dieu répondit :

«قَالَ لَا يَنَالُ عَهْدِي الظَّالِمِينَ» « Mon alliance ne s’étend pas aux injustes. »

Ainsi, Dieu lui promit qu’il y aurait bel et bien des guides parmi ses descendants, tout en l’informant que certains parmi sa progéniture se montreraient injustes et seraient, de ce fait, privés de cette station éminente.

Les leçons intemporelles de ce récit

  1. La belle patience et l’espoir sans désespoir
  • La persévérance dans la prière : Ibrahim et Sarah (que la paix soit sur eux) attendirent de nombreuses années avant d’avoir un enfant. Malgré leur âge avancé, ils ne cessèrent jamais d’invoquer Dieu. Cela nous enseigne à ne pas perdre espoir trop rapidement face au Créateur.
  • La sagesse derrière l’exaucement différé : Parfois, Dieu retarde la réponse aux prières pour que Son serviteur continue de S’adresser intimement à Lui, car Dieu aime entendre la voix de Ses serviteurs.
  1. La soumission totale au décret divin (Le sens véritable de l’Islam)
  • Le contentement face à l’ordre de Dieu : Ibrahim, Hajar et Ismaïl ont incarné le plus haut degré de soumission. Lorsque Hajar apprit que l’ordre provenait de Dieu, elle s’apaisa. Lorsqu’Ismaïl sut qu’il devait être sacrifié, il dit : « Tu me trouveras du nombre de ceux qui endurent. » Cela démontre que la véritable paix de l’âme s’obtient en s’en remettant à la sagesse divine.
  1. La fidélité aux pactes et aux promesses
  • L’engagement dans la vie conjugale : Bien que le prophète Ibrahim fût l’un des plus grands messagers, il resta fidèle à la promesse qu’il avait faite à Sarah au moment de leur mariage. Même lorsqu’il laissa Hajar et Ismaël à Bakkah, il ne descendit pas de sa monture afin d’honorer son engagement envers Sarah. C’est une leçon profonde sur la préservation de l’éthique et de la loyauté au sein de la famille.
  1. La confiance absolue en Dieu et sa récompense dans les pires épreuves
  • Seuls dans un désert aride : Laisser une épouse et un nourrisson dans une vallée desséchée, sans eau ni végétation, s’apparentait matériellement à une mort certaine. Pourtant, la confiance absolue d’Ibrahim et de Hajar en Dieu transforma cette terre stérile en la source intarissable de Zamzam, faisant de ce refuge pour caravanes la future cité de La Mecque.
  • La suffisance divine : Comme l’a rappelé l’ange Gabriel, quiconque s’en remet entièrement à Dieu Le trouvera suffisant : «حَسْبُنَا اللَّهُ وَنِعْمَ الْوَکِیلُ» « Allah nous suffit, et Il est le meilleur garant. »
  1. L’effort et l’action indissociables de la confiance en Dieu
  • La course entre Safa et Marwah : Malgré sa confiance absolue en Dieu, Hajar ne resta pas passive. Elle courut sept fois entre les deux collines à la recherche d’eau. Le miracle de Zamzam ne se produisit qu’après qu’elle eut épuisé tous les efforts humains possibles. Cela nous enseigne que les miracles couronnent l’effort, ils ne le remplacent pas.
  1. L’éducation d’un enfant pieux et courageux
  • Le caractère et la foi d’Ismaïl (que la paix soit sur lui) : La réponse d’Ismaïl à son père lorsqu’il apprit l’ordre du sacrifice reflète l’apogée d’une éducation divine. Non seulement il ne protesta pas et ne s’enfuit pas, mais il suggéra même des moyens de faciliter la tâche de son père (comme affûter la lame et relever ses vêtements). Cela met en lumière l’importance d’une subsistance licite et d’une éducation fondée sur le monothéisme pur (Tawhid).
  1. La vigilance face aux tentations de Satan
  • Reconnaître l’ennemi dans les moments critiques : Satan s’est approché d’Ibrahim, de Hajar et d’Ismaïl aux instants les plus chargés d’émotion et les plus sensibles — dissimulé sous les traits d’un vieillard. Il tenta de semer le doute dans leurs cœurs en invoquant l’innocence de l’enfant, l’instinct maternel ou encore la peur du jugement d’autrui. Pourtant, tous trois le rejetèrent fermement. Cela nous enseigne que sur le chemin de la vérité, nous devons fermer nos oreilles aux murmures de Satan, si « raisonnables » paraissent-ils.
  1. La philosophie des épreuves divines
  • L’épreuve comme moyen d’élévation spiritualité : Dieu n’avait nul besoin de la vie ni du sang d’Ismaïl. Il souhaitait plutôt éprouver le cœur d’Ibrahim pour voir si son amour pour son fils surpassait son amour pour le Créateur. Dès l’instant où Ibrahim prouva par l’action qu’il aimait Dieu plus que son propre enfant, l’épreuve prit fin. Les épreuves difficiles de la vie ne visent pas à nous détruire, mais à nous affiner et à nous purifier.
  1. Le guide spirituel (L’Imamat) : une alliance au-delà des liens du sang
  • Le statut de guide et la condition de justice : À la fin du récit, lorsqu’Ibrahim atteignit le rang (Maqām) d’Imam et demanda que cette grâce se perpétue au sein de sa lignée, Dieu déclara explicitement : « Mon alliance ne s’étend pas aux injustes. » C’est une leçon sociale et politique profonde : les fonctions divines et élevées ne se transmettent pas par héritage, lignage ou favoritisme, mais sont accordées sur les seuls critères de piété, de mérite et de justice.

Sources de ce récit

  • Sourate As-Saffat, versets 100 et suivants
  • Sourate Ibrahim, verset 37
  • Sourate Al-Baqarah, versets 124 à 129
  • Tafsir al-Qummi, Ali ibn Ibrahim, vol. 1, p. 94
  • Bihar al-Anwar, vol. 12, p. 131
  • Al-Kafi, vol. 4, Livre du Hajj, chapitre sur l’histoire de la Kaaba
  • ‘Ilal al-Shara’i, Shaykh al-Saduq, vol. 2, p. 423
  • Tafsir Majma‘ al-Bayan, Shaykh al-Tabarsi, vol. 1, p. 203
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