Thème de la semaine – Volume 03 Numéro 07
Ramadan : l’occasion d’un « reset » de la vie
Une approche analytique et pédagogique de la philosophie de l’accueil du mois sacré
Seyed Hashem Moosavi
Introduction
Chaque année, le mois sacré de Ramadan arrive ; les mosquées se remplissent, les échos des récitations s’élèvent, et l’atmosphère publique se teinte d’un sentiment de « nostalgie spirituelle ». Cependant, une fois le mois terminé, il semble que le train de la vie pour beaucoup d’entre nous reprenne simplement ses anciennes trajectoires. Pourquoi cette « explosion de spiritualité » ne conduit-elle pas à un changement durable dans notre mode de vie, notre éthique et notre orientation ?
La réponse réside dans une erreur stratégique : nous avons traité le Ramadan comme une « station de spectateurs », alors que ce grand mois constitue en réalité un « atelier de révision complète » conçu pour recalibrer les facultés fondamentales de l’être humain.
Perspectives minimalistes vs civilisatrices
La manière dont nous abordons ce mois détermine ses résultats et ses réalisations. La différence entre ces deux perspectives correspond à celle entre « rester en surface » et « atteindre l’essence ».
A) La perspective minimaliste : le Ramadan comme « projet temporaire »
Dans cette perspective, le Ramadan n’est qu’une parenthèse saisonnière. L’individu considère qu’il doit simplement supporter un mois de faim et de soif pour accomplir une obligation religieuse.
La conséquence : la religion se réduit à des « rites », tandis que l’éthique et le mode de vie restent inchangés. À propos de cette vision étroite, l’Imam Sadiq (que la paix soit sur lui) déclare :
«إنَّ الصِّيامَ لَيسَ مِنَ الطَّعامِ وَ الشَّرابِ وَحدَهُ… فَإِذا صُمتَ فَليَصُم سَمعُکَ وَ بَصَرُکَ وَ شَعرُکَ وَ جِلدُکَ…»؛
« Le jeûne ne se limite pas à s’abstenir de nourriture et de boisson… Lorsque tu jeûnes, ton ouïe, ta vue, tes cheveux et ta peau doivent également jeûner. » (Al-Kāfī, vol. 4, p. 87)
Selon la logique de l’école des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux), un jeûne minimaliste, limité à l’abstinence physique, n’est en réalité pas considéré comme un véritable jeûne.
B) La perspective civilisatrice : le Ramadan comme « usine de construction humaine »
La perspective civilisatrice considère le Ramadan comme une « feuille de route stratégique » pour reconstruire la société par la reconstruction de l’ Dans cette optique, le Ramadan constitue une « station de bilan annuelle », permettant à chaque personne d’évaluer sa position actuelle et sa direction future.
Dans ce cadre, le jeûne n’a pas pour but de « souffrir », mais de « se renforcer » afin de devenir capable de porter les lourds fardeaux des responsabilités individuelles et sociales. Cela s’accomplit notamment par :
- Rompre les habitudes : les civilisations déclinent lorsque leurs membres deviennent esclaves d’habitudes destructrices. En modifiant les rythmes de sommeil, l’alimentation et les interactions sociales, le Ramadan montre à l’être humain : « Tu es le maître de tes habitudes, et non leur esclave. » Cela favorise la « volonté ferme », qui constitue le socle de toute civilisation.
- Recalibrer les priorités : tout au long de l’année, la « matière » et les besoins matériels prennent souvent le pas. Le Ramadan, faisant écho au verset,
یا أیُّها الإِنسانُ إنَّکَ کادِحٌ إلی رَبِّکَ کَدحاً فَمُلاقیه؛
« Ô hommes, vous vous efforcez avec ardeur vers votre Seigneur et vous Le rencontrerez » (Al-Inshiqāq : 6),
Rappelle que l’âme doit occuper la première place parmi nos priorités.
- Relier l’individu et la société : la perspective civilisatrice considère le Ramadan comme un mois de « destin partagé ». Le « sermon de Shaban » du Prophète (que la paix soit sur lui) souligne l’importance de nourrir les démunis et de renforcer les liens familiaux afin de restaurer le capital social de la communauté islamique.
Dans cette perspective, le mois sacré de Ramadan n’est pas une fin en soi, mais un outil, une « technologie divine » conçue pour faire évoluer l’être humain vers la guidance divine. Comme le déclare Allah dans le Coran :
«شَهْرُ رَمَضَانَ الَّذِي أُنْزِلَ فِيهِ الْقُرْآنُ هُدًى لِلنَّاسِ…»
« Le mois de Ramadan [est] celui au cours duquel le Qur’ān a été révélé, une guidance pour les peuples… » (Al-Baqarah : 185)
En substance, le Ramadan est le récipient par lequel nous buvons l’eau pure de la guidance.
Le concept de « recalibrage » et son processus
Le recalibrage consiste à réaligner la boussole existentielle humaine, qui perd souvent son nord véritable au milieu du tumulte de la vie quotidienne. C’est l’acte de restaurer la vie à son équilibre optimal. Le Ramadan fonctionne comme une « pause stratégique », un moment pour suspendre l’élan des habitudes afin d’avancer dans la bonne direction.
Le Ramadan réalise ce recalibrage sur trois niveaux fondamentaux :
A) Recalibrer la relation avec soi-même (Maîtrise de soi)
L’humain moderne souffre, plus que jamais, de « l’impulsivité », cette tendance à agir immédiatement selon chaque dé Le Ramadan crée un écart conscient entre « envie » et « action » par :
• Freiner la précipitation et pratiquer la patience : le jeûne nous apprend à sacrifier la gratification immédiate au profit d’objectifs supérieurs. Tel est l’essence du Sabr (la patience), que le Coran associe au jeûne :
وَاسْتَعِینُوا بِالصَّبْرِ وَالصَّلَاةِ؛
« Cherchez secours dans la patience et la prière » (Al-Baqarah : 45).
Imam Sadiq (que la paix soit sur lui) note que la « patience » mentionnée dans ce verset se réfère spécifiquement au jeûne.
- Rompre les habitudes automatiques : nous vivons souvent de manière « robotique ». En modifiant les horaires de sommeil et de repas, le Ramadan désactive le pilote automatique du corps et active la volonté consciente.
- Vraie libération : le jeûne est un exercice de refus et d’affirmation de l’autorité de l’esprit sur la matière. Celui qui ne peut dire « non » à une simple soif ne sera jamais véritablement libre ; il restera inévitablement prisonnier de tentations morales et politiques plus vastes.
B) Recalibrer la relation avec Dieu (de l’obligation à l’invitation)
Durant ce mois, la relation avec le Créateur évolue d’une « obligation légaliste » à un « lien émotionnel et existentiel ». Elle se transforme d’un « devoir » en une « opportunité ».
- Du texte à la parole : la prière ne se limite plus à la récitation de formules ; elle devient Munājāt, des murmures intimes avec Celui qui est plus proche de nous que notre veine jugulaire.
- Purifier les intentions : c’est le moment de se demander : « Dans quel but accomplis-je mes actions ? » Recalibrer l’intention signifie nettoyer nos motifs de l’ego subtil et de la vanité.
- L’intimité de la présence : au milieu des versets relatifs au jeûne, Dieu adopte soudain un ton profondément intime :
وَإِذَا سَأَلَکَ عِبَادِی عَنِّی فَإِنِّی قَرِیبٌ؛
« Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi, alors Je suis tout proche » (Al-Baqarah : 186).
Cela montre que l’objectif ultime du recalibrage de notre relation avec Dieu est de percevoir Sa présence constante.
C) Recalibrer la relation avec autrui (L’essor de la responsabilité sociale)
Le jeûne n’est pas un acte isolé ; il restaure notre sensibilité envers « l’Autre ».
- Faim sélective : choisir de ressentir la faim rapproche de la souffrance d’autrui. L’Imam Sadiq (que la paix soit sur lui) expliquait : « Dieu a rendu le jeûne obligatoire afin que l’égalité soit établie entre les riches et les pauvres… pour que les nantis ressentent la douleur de la faim et fassent preuve de miséricorde. »
- Réparer les liens sociaux : à travers des pratiques telles que l’offrande de l’Iftar et la Zakāt al-Fitr, le Ramadan répare les liens sociaux fracturés. Le recalibrage ici consiste à sortir de « l’égo-centrisme » pour entrer dans le domaine de « l’altruisme ».
- L’éthique de la communication : un véritable jeûne empêche les commérages, la calomnie et les paroles dures. Il recalibre le système de communication de la communauté sur la base de la « dignité » et de la « sacralité ».
En résumé
L’élément clé est le suivant : si, après le Ramadan, notre seuil de tolérance n’a pas augmenté, si nous n’entendons pas plus clairement la voix des nécessiteux, et si nous ne percevons pas la présence de Dieu dans notre solitude, cela signifie que nous n’avons recalibré que le « matériel » (l’estomac) tandis que le « logiciel » de l’âme reste intact.
Pourquoi accueillir le Ramadan est important
Beaucoup d’entre nous abordent le Ramadan de manière abrupte et par « surprise ». Par conséquent, nous passons les premiers jours à lutter uniquement contre des difficultés physiques et biologiques : maux de tête, léthargie, perturbations du sommeil. Lorsque le corps finit enfin par s’adapter, une portion significative du mois s’est déjà écoulée. Cette entrée non préparée conduit souvent à l’épuisement, au surmenage ou à un retrait prématuré.
Accueillir le Ramadan signifie gérer cette transition par :
A) Repenser les attentes et préparer l’esprit
Dans la tradition religieuse, accueillir le Ramadan (en particulier durant le mois de Shaban) constitue un principe fondamental. Le sermon du Prophète (que la paix soit sur lui) le dernier vendredi de Shaban était spécifiquement conçu pour susciter cette « préparation mentale ».
L’Imam Ridha (que la paix soit sur lui) disait à son compagnon Abasalt le dernier vendredi de Shaban :
« Dans ce qui reste de ce mois, rattrapez vos manquements passés… et remplissez les dépôts qui vous sont confiés. »
Cela nous enseigne que pour entrer au « Banquet divin », il faut d’abord « régler ses comptes ». Nous ne devons pas nous attendre à ce que tous nos défauts moraux disparaissent du jour au lendemain. Une entrée abrupte conduit souvent à un cycle de « boom et effondrement » : rédiger une longue liste de rituels ambitieux (excès) pour les abandonner rapidement à cause de la fatigue physique (négligence).
B) Des décisions petites mais durables
L’objectif de la foi est la « croissance », et non la « souffrance ». La préparation nous permet de remplacer l’effort physique par la joie spirituelle. Le véritable recalibrage durant le Ramadan ne s’accomplit pas par de « grandes résolutions vouées à l’échec », mais par de « petits changements durables ». Le Saint Coran et les narrations des Infaillibles (que la paix soit sur eux) insistent sur la constance :
«أَحَبُّ الْأَعْمَالِ إِلَى اللَّهِ أَدْوَمُهَا وَ إِنْ قَلَّ؛
« Les actions les plus aimées d’Allah sont celles qui sont les plus constantes, même si elles sont petites. » (Nahj al-Balāgha, Sagesse 444)
Plutôt que de se fixer pour objectif de terminer plusieurs fois le Coran sans réflexion, on peut s’engager à lire chaque jour une portion plus petite avec contemplation et l’intention d’agir.
C) Ajuster les routines (gestion de l’énergie)
Accueillir le Ramadan signifie identifier ses priorités et gérer son énergie, sa motivation, son temps et ses actions. Celui qui ne parvient pas à recalibrer ses rythmes spirituels, professionnels et de repos achèvera le mois avec pour seul résultat l’épuisement.
Conclusion : l’émergence d’une nouvelle version de soi.
Si nous considérons le Ramadan comme une opportunité de recalibrage, alors l’ʿAïd al-Fitr n’est pas un jour de retour à la « vie normale », mais le jour de lancement d’une nouvelle version de la vie. Le Ramadan ne vient pas rendre différents trente jours de notre année ; il vise à transformer les onze autres mois. Celui qui est véritablement « accordé » durant le Ramadan avance avec équilibre et harmonie tout au long de l’année.
Trois écueils courants dans l’approche du Ramadan
Comprendre les « pathologies » d’une pratique est aussi essentiel que la pratique elle-même. Pour transformer le Ramadan d’un « rituel répétitif » en une « transformation structurelle », il convient d’éviter ces trois pièges mentaux et comportementaux :
- Le perfectionnisme excessif (des projets accablants et intenables)
Beaucoup d’entre nous commencent le mois avec une liste exhaustive de récitations, de longues prières et de veillées nocturnes. Cependant, ces projets, souvent déconnectés de nos capacités physiques et de nos rythmes quotidiens, conduisent rapidement à un « épuisement spirituel » ou à un sentiment de lassitude. En Islam, le principe directeur est celui de la modération. Le Prophète (que la paix soit sur lui) a déclaré :
«إِنَّ هَذَا الدِّینَ مَتِینٌ فَأَوْغِلُوا فِیهِ بِرِفقٍ؛
« Certes, cette religion est ferme (profonde) ; engagez-vous donc en elle avec douceur et modération. » (Musnad Aḥmad, vol. 3, p. 199)
- Le piège du report (remettre le changement aux nuits du Destin)
Une idée reçue répandue consiste à réduire le Ramadan à ses seuls dix derniers jours ou aux nuits du Destin (Laylat al-Qadr). Cette mentalité conduit à traverser les deux premières semaines sans véritable plan, dans l’espoir d’accomplir soudainement un « voyage de cent ans en une seule nuit ».
La stratégie corrective consiste à considérer le Ramadan comme un processus, et non comme un événement isolé. Les nuits du Destin sont les fruits d’un arbre dont les graines ont été semées durant le mois de Shaban et arrosées au cours des dix premiers jours du Ramadan. Un accueil adéquat implique de commencer le recalibrage dès le premier jour, afin de développer la capacité nécessaire pour recevoir les décrets sublimes de la Nuit du Destin.
- Réduire le Ramadan à la faim (le jeûne de l’estomac au détriment de l’éthique)
Il s’agit de l’erreur la plus dangereuse : supposer que le critère de réussite se limite à l’abstention de nourriture et de boisson, tandis que la langue se souille par la médisance, que le regard s’égare vers l’illicite, et que le comportement envers la famille et les collègues demeure dur ou agressif. Ce risque est clairement reflété dans les mises en garde des Infaillibles. Sayyida Fāṭima (que la paix soit sur elle) a déclaré :
ما یَصنَعُ الصائِمُ بِصِیامِهِ إِذا لَم یَصُن لِسانَهُ و سَمعَهُ و بَصَرَهُ و جَوارِحَهُ؟
« Que gagne celui qui jeûne de son jeûne s’il ne préserve pas sa langue, son ouïe, sa vue et ses membres ? » (Biḥār al-Anwār, vol. 93, p. 295)
En corrigeant ces trois erreurs, l’ʿAïd al-Fitr cesse d’être un jour « d’évasion des contraintes » pour devenir une célébration de la victoire sur les habitudes. Celui qui accueille correctement le mois traverse le Ramadan dans la conscience et l’achève dans une liberté authentique.
Préparation pratique : comment bien commencer le Ramadan
Si nous considérons le Ramadan comme un voyage de trente jours, la préparation pratique consiste à remplir un sac à dos de l’essentiel, et non à le surcharger d’un excès de bagages qui nous épuiserait à mi-parcours. Plutôt qu’une liste décourageante de rituels, commencez par ces étapes simples et stratégiques :
- Cibler une ou deux habitudes (la force de la concentration)
L’esprit humain résiste naturellement aux changements vastes et radicaux. En revanche, se concentrer sur un point clé augmente considérablement les chances de réussite. Il convient d’identifier le comportement — qu’il s’agisse de paroles dures, de malhonnêteté, de colère ou de défilement compulsif sur les réseaux sociaux — qui nuit le plus à la paix intérieure, et de concentrer l’effort exclusivement sur celui-ci. L’Imam ʿAlī (que la paix soit sur lui) a déclaré :
تطهیرُ القَلبِ مِن مَلَکاتِ السُّوءِ أَصعَبُ مِن تَدریبِ الأُسُودِ»؛
« Purifier le cœur des mauvaises habitudes est plus difficile que de dompter des lions. » (Ghurar al-Hikam)
La leçon est simple : « Affrontez un lion à la fois, et non tous les lions en même temps. »
- S’engager dans un « micro-rituel » (qualité plutôt que quantité)
Plutôt que de se lancer dans de longues prières susceptibles d’être abandonnées après trois jours, créez un lien léger mais inébranlable. Par exemple, cinq minutes de réflexion sur le Coran après l’aube (Suhur) ou la lecture de la traduction d’une courte supplication. Cet engagement doit être minimaliste, afin de rester réalisable même lors des journées les plus chargées. La discipline spirituelle au cœur de la vie quotidienne. - Action sociale délibérée (charité, pardon et attention)
Le Ramadan doit se manifester dans votre comportement et à votre « table ». Les actes de charité, de pardon ou de bienveillance envers autrui ne doivent pas être des hasards isolés ; ils doivent constituer un programme délibéré. Le Saint Coran déclare :
«لَنْ تَنالُوا الْبِرَّ حَتَّى تُنْفِقُوا مِمَّا تُحِبُّونَ؛
« Vous n’atteindrez jamais le bien [la récompense] tant que vous ne dépensez pas [dans le chemin d’Allah] de ce que vous aimez. » (Al-ʿImrān : 92)
L’ « aumône » ne se limite pas à l’argent ; il peut s’agir de donner de sa réputation, de son temps, ou même d’un sourire à quelqu’un dans le besoin. Un jeûneur peut décider que, ce mois-ci, il pardonnera à quelqu’un envers qui il nourrit une rancune ou résoudra un petit problème pour un collègue ou un voisin.
Conclusion : le Ramadan, un exercice de vie harmonieuse
La plus grande idée reçue concernant le Ramadan est de le considérer comme un temps pour « se détacher de la vie ». En réalité, le Ramadan est le mois pour « apprendre à vivre de manière entière et équilibrée ». Nous jeûnons afin d’être présents dans le monde tout en conservant notre liberté intérieure, sans en devenir esclaves.
A) Réaligner notre relation avec le monde (ascétisme positif)
Le Ramadan nous enseigne que le monde est un « outil », et non une « destination ». Lorsque nous nous abstenons consciemment de ce qui est permis (Halal, comme la nourriture et l’eau), nous nous entraînons à éviter ce qui est interdit (Haram, comme l’injustice et la malhonnêteté) tout au long de l’année. L’Imam ʿAlī (que la paix soit sur lui) définit le véritable ascétisme (Zuhd) à travers deux expressions coraniques :
الزُّهدُ کُلُّهُ بَینَ کَلِمَتَینِ مِنَ القُرآنِ: لِکَیلا تَأسَوا عَلى ما فاتَکُم و لا تَفرَحوا بِما آتاکُم؛
« L’ascétisme se trouve contenu dans deux mots du Qur’ān : “afin que vous ne vous affligiez pas de ce qui vous échappe, et que vous ne vous réjouissiez pas de ce qu’Il vous a donné.” » (Nahj al-Balāgha, Sagesse 439)
Le Ramadan instaure exactement ce type d’« équilibre émotionnel » en nous.
B) Les fruits du recalibrage de la vie
Si le Ramadan est vécu à travers le prisme du « recalibrage », trois dimensions clés de notre existence sont améliorées :
- Adoration approfondie : la dévotion passe de la simple « exécution d’un devoir » à une « source d’énergie » pour la vie quotidienne.
- Éthique durable : les vertus morales pratiquées durant ce mois, telles que la patience et le pardon, deviennent des habitudes intériorisées plutôt que des actes temporaires.
- Une société plus humaine : lorsque les individus affûtent leur sensibilité sociale et pratiquent l’altruisme, les liens de la société passent de fragiles à résilients.
C) L’impact du Ramadan : au-delà du calendrier
La véritable mesure d’un Ramadan réussi se révèle le premier jour de Chawwal (ʿAïd al-Fitr). Si un individu émerge plus patient face à la colère, plus digne de confiance face à la richesse, et plus plein d’espoir dans sa relation avec Dieu, alors le recalibrage a été un succès.
En fin de compte, il faut se rappeler que le Ramadan est un « camp d’entraînement », et non une « exposition temporaire ». Une personne qui termine le Ramadan avec une âme recalibrée ne ressent pas que fardeau a été ôté de ses épaules ; elle éprouve plutôt une nouvelle force insufflée dans son esprit, la capable de naviguer durant les onze mois suivants avec la boussole de la révélation et l’équilibre de la sagesse divine.
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