Expérience sensibilisation religieuse – Volume 03 Numéro 05
Une leçon de patience dans une rue animée
Quand j’étais jeune étudiant en séminaire, plein d’enthousiasme et d’espoir, je marchais sur la rue Safaieh à Qom. Soudain, une voiture est passée très près de moi, me faisant frissonner de peur. Instinctivement, j’ai fait un petit geste pour inviter le conducteur à être plus prudent.
Mais la situation a dégénéré. Le conducteur s’est arrêté, est descendu et m’a crié des insultes, des paroles dures et humiliantes, que n’importe qui aurait eu du mal à entendre, et encore plus un étudiant en tenue religieuse. Mon ego voulait réagir, répondre immédiatement. Mais en regardant mon habit clérical, je me suis souvenu de la responsabilité que je portais. J’ai choisi la retenue, je me suis excusé et j’ai continué mon chemin.
Cette nuit-là, je ne réussis pas à dormir. Je revivais l’incident et me demandais si j’avais perdu ma dignité ou si mon silence était une faiblesse.
Quelques jours plus tard, je marchais de nouveau sur cette rue, encore marqué par l’expérience. Soudain, j’ai entendu un bruit de frein. Le même conducteur s’est arrêté, est sorti de sa voiture et s’est approché de moi. Mon cœur se serra, pensant devoir répondre. Mais à ma grande surprise, il dit calmement :
« Monsieur… il y a quelques jours, j’ai très mal agi. J’étais en colère, mais j’avais tort. Je suis venu m’excuser. »
Ce moment a été une véritable révélation. Un silence choisi et une patience digne peuvent toucher les cœurs plus profondément que n’importe quelle réplique ou dispute.
J’ai compris que, comme le Prophète Muhammad (paix soit sur lui et sa famille), ceux qui enseignent ou vivent la foi doivent être prêts à supporter les difficultés avec patience, même dans les situations ordinaires de la vie. Parfois, la prédication commence silencieusement, dans la vie quotidienne, par un choix conscient de rester calme.
Leçons clés :
- La patience silencieuse transforme les cœurs : un geste ou un silence peut parfois toucher plus profondément que de longs discours.
- L’identité religieuse implique une responsabilité morale : notre conduite reflète notre foi et notre tradition, même dans les situations ordinaires.
- Les fruits de la patience ne sont pas toujours immédiats : la retenue d’aujourd’hui peut éveiller la conscience d’autrui des jours, voire des années plus tard.
- La foi se vit au quotidien : enseigner et représenter la religion ne se limite pas à la chaire ou à la mosquée ; chaque action compte.
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