Fatwa Panel de la semaine – Volume 03 Numéro 23

Fatwa Panel of the Week - Volume 03 Issue 23

La prière en congrégation (2)

Selon les fatwas des grands savants religieux : Shaheed Ayatollah Sayyed Ali Khamenei, l’Ayatollah Sistani et l’Ayatollah Makarem Shirazi (que Allah prolonge leurs bénédictions) :

Les fatwas présentées sans mention d’un avis différent ou d’une référence spécifique correspondent aux règles communes partagées par les trois respectés Marāji‘. Dans les cas où le jugement d’un Marjaʿ diffère de celui des deux autres, cela est indiqué en note de bas de page sous le même numéro, en précisant le nom du Marjaʿ concerné.

Les conditions de validité de la prière en congregation

Pour que le fait de suivre un guide (Imam) lors de la prière en congrégation (Ṣalāt al-Jamāʿah) soit juridiquement valide, l’Imam doit impérativement remplir les conditions suivantes :

  1. Les qualifications personnelles de l’Imam
  • L’Imam doit être doué de raison (ʿāqil), juste (ʿādil), chiite duodécimain (Imamite) et de naissance légitime.
  • Par mesure de précaution obligatoire (al-itiyā al-wājib), l’Imam doit être majeur (bāligh).
  • L’Imam doit réciter les versets et les formules de la prière de manière syntaxiquement et phonétiquement correcte (ṣaī al-qirā‘ah).

Avis de l’Ayatollah Ali al-Sistani : L’Imam de la prière en congrégation doit être majeur (bāligh), doué de raison (ʿāqil), chiite duodécimain, juste (ʿādil), de naissance légitime, et il doit accomplir les actes ainsi que la récitation de la prière de manière correcte.

Avis de l’Ayatollah Makarem Shirazi : L’Imam de la prière en congrégation doit être majeur, doué de raison, juste, de naissance légitime et chiite duodécimain ; il doit en outre réciter la prière de manière correcte. Par ailleurs, toute personne est présumée de naissance légitime — qu’elle soit musulmane ou non-musulmane — à moins que le contraire ne soit rigoureusement prouvé.

  • Si le fidèle qui suit la prière (maʾmūm) est un homme, l’Imam doit impérativement être un homme.
  • Si l’ensemble des fidèles (ma’mūmāt) est composé exclusivement de femmes, une femme est juridiquement habilitée à diriger leur prière en congrégation.
  1. Les conditions liées à la posture durant la prière
  • Une personne accomplissant sa prière en position debout ne peut pas suivre un Imam qui prie en position assise ou allongée.
  • En revanche, une personne accomplissant sa prière en position assise est autorisée à suivre un Imam qui prie également en position assise.
  1. Suivre un Imam bénéficiant d’une dispense légale

Il est juridiquement licite de suivre un Imam qui accomplit sa prière après avoir effectué l’ablution pulvérale (tayammum), l’ablution sur pansement (jabīrah wuūʾ), ou dont la prière est valide malgré la présence d’une impureté rituelle sur son corps ou ses vêtements en raison d’une excuse légale valide (ʿudhr sharʿī).

Avis de l’Ayatollah Makarem Shirazi : Si l’Imam accomplit sa prière après avoir effectué l’ablution pulvérale (tayammum) ou l’ablution sur pansement (jabīrah wuūʾ), il est licite de le suivre. En revanche, s’il prie avec des vêtements impurs par nécessité et en raison d’une excuse légale valide, il convient de ne pas le suivre, conformément à la précaution obligatoire (al-itiyā al-wājib).

  1. Le doute quant à la rectitude (ʿadālah) de l’Imam

Si un fidèle savait auparavant que l’Imam de la prière en congrégation était juste (ʿādil) et qu’il éprouve ultérieurement un doute quant à la persistance de cette qualité chez lui, il demeure juridiquement licite de le suivre dans la prière en congrégation.

Les conditions de validité de la prière en congrégation (Ṣalāt al-Jamāʿah)

Pour qu’une prière en congrégation soit juridiquement valide, les conditions suivantes doivent être impérativement respectées :

  1. L’alignement postural de l’Imam et des fidèles
  • Le fidèle qui suit la prière (maʾmūm) ne doit en aucun cas se tenir en avant de l’Imam. Par mesure de précaution obligatoire (al-itiyā al-wājib), il est préférable que le fidèle se tienne légèrement en retrait par rapport à l’Imam.

Avis de l’Ayatollah Ali al-Sistani :  Néanmoins, s’il n’y a qu’un seul fidèle de sexe masculin, il lui est juridiquement licite de se tenir sur la même ligne que l’Imam.

Avis de l’Ayatollah Makarem Shirazi : Par mesure de précaution obligatoire, le fidèle ne doit pas se tenir au même niveau que l’Imam ; il doit, au contraire, se placer légèrement en retrait derrière lui. Cette disposition doit être maintenue tout au long de la prière, y compris lors de l’inclinaison (rukūʿ) et de la prosternation (sujūd).

  1. La continuité des rangs (La connexion de la congrégation)
  • Distance maximale : La distance séparant l’Imam du premier fidèle, ou séparant un rang du suivant, ne doit pas être excessive.
  • Seuil de rupture : Par mesure de précaution obligatoire (al-itiyā al-wājib), la distance entre l’emplacement de la prosternation d’un fidèle et le lieu où se tient l’Imam (ou le fidèle du rang précédent) ne doit pas excéder la longueur d’un pas moyen, soit environ un mètre.
  1. L’absence d’obstacles visuels ou physiques
  • Obstacles prohibés : Aucun mur, rideau ou autre barrière de nature à rompre la connexion de la congrégation ne doit s’interposer entre l’Imam et les fidèles, ni entre les différents rangs.
  • Séparation des sexes : Toutefois, la présence d’un rideau ou d’une cloison séparant la section des hommes de celle des femmes n’invalide pas la prière en congrégation.
  1. Règles relatives à la configuration du lieu de prière
  • Terrains en pente : Si la prière est accomplie sur un terrain en pente et que l’inclinaison demeure dans des limites normales, la validité de la prière en congrégation est préservée.
  • Position surélevée des fidèles : Un fidèle est autorisé à se tenir dans un espace surélevé — tel que le toit d’une mosquée — à condition que cette disposition soit considérée comme conforme à l’usage coutumier (ʿurf).
  1. Dispositions complémentaires sur la continuité des rangs
  • Jonction par un mineur : Si un enfant non majeur sert de maillon assurant la continuité des rangs, et que sa propre prière est valide, il est juridiquement licite de s’appuyer sur cette connexion.
  • Dispersion du premier rang : Si le premier rang vient à se disperser parce que ses membres achèvent leur prière ou choisissent de se dissocier de la congrégation pour poursuivre de manière individuelle (furādā), la prière collective demeure valide tant que la continuité n’est pas rompue par un espacement excessif.

Les devoirs du fidèle (Maʾmūm) dans la prière en congregation

  1. Le suivi de l’Imam lors de la Takbīr d’ouverture et des autres récitations
  • La Takbīrat al-Irām : Le fidèle (maʾmūm) ne doit en aucun cas prononcer la Takbīrat al-Irām (le « Allāhu Akbar » d’ouverture) avant l’Imam. Conformément à la précaution obligatoire (al-itiyā al-wājib), il convient qu’il attende que l’Imam ait pleinement achevé sa propre formule de Takbīr.

Avis de l’Ayatollah Ali al-Sistani : Le fidèle ne doit pas prononcer la Takbīrat al-Irām avant l’Imam. Toutefois, le fait d’attendre que l’Imam ait achevé son Takbīr relève de la précaution recommandée (al-itiyā al-mustaabb).

  • Anticipation pour les rangs subséquents : Dès lors que l’Imam a commencé le Takbīr, si les fidèles du premier rang sont prêts pour la prière et s’apprêtent à prononcer leur propre Takbīr, une personne se tenant dans un rang postérieur est autorisée à prononcer le sien sans attendre que le premier rang ait achevé le sien.
  • Obligations de récitation personnelle : À l’exception de la sourate Al-amd et de la sourate complémentaire, le fidèle récite lui-même toutes les autres formules de glorification (adhkār) de la prière. En revanche, s’il rejoint la congrégation durant la troisième ou la quatrième unité de prière (rakʿah) de l’Imam, il se doit de réciter lui-même la sourate Al-amd et la sourate complémentaire là où les règles rituelles l’exigent.
  1. Statut de la récitation de la sourate Al-amd et de la sourate complémentaire par le fidèle
  • Lors des prières à voix haute (Al-Jahr) : Durant la prière de l’aube (Ṣalāt al-Ṣub) ainsi que lors des deux premières unités de prière (rakʿahs) des prières du coucher du soleil (Maghrib) et de la nuit (ʿIshāʾ), si le fidèle entend la récitation de l’Imam, il lui est interdit de réciter lui-même la sourate Al-amd ou la sourate complémentaire.
  • En cas d’inaudibilité : S’il n’est pas en mesure d’entendre la récitation de l’Imam, il lui est recommandé (mustaabb) de les réciter à voix basse (al-Ikhfāt).

Lors des prières à voix basse (Al-Ikhfāt) : Au cours des deux premières rakʿahs des prières du midi (Ẓuhr) et de l’après-midi (ʿAṣr), le fidèle ne doit pas réciter la sourate Al-Ḥamd ni la sourate complémentaire, conformément à la précaution obligatoire (al-iḥtiyāṭ al-wājib). Il lui est plutôt préférable de s’employer à la glorification divine (dhikr).

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