{"id":10996,"date":"2026-09-05T21:39:38","date_gmt":"2026-09-05T20:39:38","guid":{"rendered":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/theme-de-la-semaine-volume-03-numero-36\/"},"modified":"2026-09-05T22:12:02","modified_gmt":"2026-09-05T21:12:02","slug":"theme-de-la-semaine-volume-03-numero-36","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/theme-de-la-semaine-volume-03-numero-36\/","title":{"rendered":"Th\u00e8me de la semaine \u2013 Volume 03 Num\u00e9ro 36"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 fusion-flex-container has-pattern-background has-mask-background nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-flex-wrap:wrap;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row fusion-flex-align-items-flex-start fusion-flex-content-wrap\" style=\"max-width:1438.5px;margin-left: calc(-5% \/ 2 );margin-right: calc(-5% \/ 2 );\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-flex-column\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:100%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:2.375%;--awb-margin-bottom-large:0px;--awb-spacing-left-large:2.375%;--awb-width-medium:100%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:2.375%;--awb-spacing-left-medium:2.375%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:2.375%;--awb-spacing-left-small:2.375%;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><h2 style=\"text-align: center;\"><strong>De la charit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autonomisation : r\u00e9flexions sur la Journ\u00e9e internationale de la charit\u00e9<\/strong><\/h2>\n<p>Seyed Hashem Moosavi<\/p>\n<p><strong>Introduction\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Le 5 septembre a \u00e9t\u00e9 institu\u00e9 par l&rsquo;Organisation des Nations unies comme la Journ\u00e9e internationale de la charit\u00e9, ou, plus profond\u00e9ment encore, la Journ\u00e9e internationale de la bienveillance. Cette comm\u00e9moration ne constitue pas une simple invitation \u00e0 accro\u00eetre les dons p\u00e9cuniaires ; elle repr\u00e9sente l&rsquo;occasion de repenser le sens du bien, d&rsquo;explorer de nouvelles formes de participation, d&rsquo;interroger l&rsquo;\u00e9thique de l&rsquo;aide, d&rsquo;examiner les r\u00f4les respectifs de l&rsquo;\u00c9tat et de la soci\u00e9t\u00e9, de valoriser le potentiel des obligations financi\u00e8res de l&rsquo;islam, ainsi que de pr\u00e9server la confiance publique.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;esprit de beaucoup, l&rsquo;action caritative se limite encore \u00e0 faire des dons en argent, \u00e0 distribuer des vivres, \u00e0 \u00e9difier des mosqu\u00e9es ou \u00e0 porter assistance aux malades. Toutes ces d\u00e9marches demeurent de nobles expressions de la bienveillance ; pourtant, le monde contemporain d\u00e9montre que la charit\u00e9 peut s&rsquo;\u00e9tendre bien au-del\u00e0 : de la transmission d&rsquo;une comp\u00e9tence \u00e0 l&rsquo;assistance juridique pour les opprim\u00e9s, du don de temps et d&rsquo;expertise \u00e0 la cr\u00e9ation de logiciels libres destin\u00e9s aux personnes \u00e0 besoins sp\u00e9cifiques (telles que les malvoyants), ou encore de la fondation de dotations universitaires \u00e0 la pr\u00e9servation de l&rsquo;environnement. D\u00e8s lors, la question centrale ne se r\u00e9sume plus seulement \u00e0 \u00ab Combien devons-nous donner ? \u00bb, mais s&rsquo;articule plut\u00f4t ainsi : \u00ab Que devons-nous donner, \u00e0 qui, avec quelle intention, par quels moyens et pour quel r\u00e9sultat ? \u00bb<\/p>\n<p><strong>D&rsquo;une initiative nationale \u00e0 une port\u00e9e mondiale<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;id\u00e9e de consacrer une journ\u00e9e mondiale \u00e0 la charit\u00e9 a vu le jour en 2011 sous la forme d&rsquo;une initiative de la soci\u00e9t\u00e9 civile hongroise qui, avec l&rsquo;appui du Parlement et du gouvernement de la Hongrie, a \u00e9t\u00e9 port\u00e9e jusqu&rsquo;aux Nations unies. Le 17 d\u00e9cembre 2012, l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;ONU a adopt\u00e9 la r\u00e9solution 67\/105, proclamant le 5 septembre Journ\u00e9e internationale de la charit\u00e9. Cette date marque l&rsquo;anniversaire de la mort de M\u00e8re Teresa en 1997, une personnalit\u00e9 qui a consacr\u00e9 de nombreuses d\u00e9cennies de son existence \u00e0 servir les pauvres, les malades et les d\u00e9munis, et qui s&rsquo;est vu attribuer le prix Nobel de la paix en 1979. La proposition de la Hongrie a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e par consensus, avec le parrainage formel de 44 \u00c9tats de diverses r\u00e9gions du monde.<\/p>\n<p>L&rsquo;objectif de cette institution n&rsquo;\u00e9tait point de simplement honorer une figure historique. La r\u00e9solution de l&rsquo;ONU a reconnu la charit\u00e9 comme un moyen de r\u00e9duire la souffrance humaine, de lutter contre la pauvret\u00e9, de renforcer la solidarit\u00e9 sociale et de favoriser le dialogue entre les nations. Elle a invit\u00e9 les gouvernements, les organisations internationales, les instances de la soci\u00e9t\u00e9 civile et les particuliers \u00e0 promouvoir une culture de la bienveillance par l&rsquo;\u00e9ducation, la sensibilisation et des activit\u00e9s adapt\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;Organisation des Nations unies souligne par ailleurs que la charit\u00e9 peut suppl\u00e9er aux services publics dans les domaines de la sant\u00e9, de l&rsquo;\u00e9ducation, du logement et de la protection de l&rsquo;enfance, tout en soutenant la culture, la science, le sport, le patrimoine naturel ainsi que les droits des groupes marginalis\u00e9s. D\u00e8s lors, cette journ\u00e9e rel\u00e8ve moins d&rsquo;une \u00ab c\u00e9l\u00e9bration du don d&rsquo;argent \u00bb que d&rsquo;un appel \u00e0 mobiliser les capacit\u00e9s humaines au service du bien commun.<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n<p><strong>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une bonne action ?<\/strong><\/p>\n<p>Dans l&rsquo;usage courant, une \u00ab bonne action \u00bb peut se d\u00e9finir comme tout acte l\u00e9gitime, r\u00e9fl\u00e9chi et ax\u00e9 sur la dignit\u00e9 humaine, qui att\u00e9nue la souffrance, r\u00e9tablit un droit, r\u00e9pond \u00e0 un besoin r\u00e9el, nourrit les capacit\u00e9s humaines ou cr\u00e9e un bienfait durable pour la soci\u00e9t\u00e9 et le monde, sans engendrer d&rsquo;injustice, d&rsquo;humiliation ou de d\u00e9pendance n\u00e9faste.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9finition englobe plusieurs aspects essentiels. Premi\u00e8rement, la bienfaisance ne se limite pas au don d&rsquo;argent : le savoir, le temps, les comp\u00e9tences, la cr\u00e9dibilit\u00e9 sociale, le r\u00e9seau relationnel, les opportunit\u00e9s professionnelles, les paroles bienveillantes, et m\u00eame la pr\u00e9vention d&rsquo;un pr\u00e9judice constituent autant d&rsquo;actes de charit\u00e9. Deuxi\u00e8mement, toute action en apparence vertueuse ne l&rsquo;est pas n\u00e9cessairement dans les faits ; si une forme d&rsquo;aide porte atteinte \u00e0 la dignit\u00e9 du b\u00e9n\u00e9ficiaire, l&rsquo;instrumentalise \u00e0 des fins publicitaires ou accro\u00eet sa d\u00e9pendance, ses modalit\u00e9s doivent \u00eatre repens\u00e9es. Troisi\u00e8mement, les bonnes actions ne rel\u00e8vent pas toujours de simples recommandations facultatives ; elles constituent parfois des obligations imp\u00e9ratives, telles que l&rsquo;acquittement de la zakat, du khums, des pensions alimentaires, des dettes et de tout autre droit d\u00fb par une personne.<\/p>\n<p>La conception islamique de la vertu est infiniment plus vaste que la simple aum\u00f4ne financi\u00e8re. Le Coran d\u00e9clare :<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u0644\u064e\u0646\u0652 \u062a\u064e\u0646\u064e\u0627\u0644\u064f\u0648\u0627 \u0627\u0644\u0652\u0628\u0650\u0631\u0651\u064e \u062d\u064e\u062a\u0651\u064e\u0649 \u062a\u064f\u0646\u0652\u0641\u0650\u0642\u064f\u0648\u0627 \u0645\u0650\u0645\u0651\u064e\u0627 \u062a\u064f\u062d\u0650\u0628\u0651\u064f\u0648\u0646\u064e\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab Vous n&rsquo;atteindrez la (vraie) pi\u00e9t\u00e9 que si vous faites largesses de ce que vous ch\u00e9rissez. \u00bb (Al Imran 3 :92)<\/em><\/p>\n<p>Le Coran pr\u00e9sente \u00e9galement la droiture comme une synth\u00e8se exhaustive associant la foi, l&rsquo;adoration, la fid\u00e9lit\u00e9 aux engagements, la patience, ainsi que le partage des biens avec les proches, les orphelins, les indigents et les voyageurs en d\u00e9tresse. (Al-Baqarah, 2:177).<\/p>\n<p>Le Proph\u00e8te Mohammad, que la paix et les b\u00e9n\u00e9dictions soient sur lui et sur sa famille, a enseign\u00e9 :<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u06a9\u064f\u0644\u0651\u064f \u0645\u064e\u0639\u0652\u0631\u064f\u0648\u0641\u064d \u0635\u064e\u062f\u064e\u0642\u064e\u0629\u064c\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab Tout acte de bienfaisance est une charit\u00e9 [sadaqa]. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Une autre narration rapporte :<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u0648\u064e\u0627\u0644\u062f\u0651\u064e\u0627\u0644\u0651\u064f \u0639\u064e\u0644\u064e\u0649 \u0627\u0644\u0652\u062e\u064e\u06cc\u0652\u0631\u0650 \u06a9\u064e\u0641\u064e\u0627\u0639\u0650\u0644\u0650\u0647\u0650\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab Celui qui guide autrui vers le bien est semblable \u00e0 celui qui l&rsquo;accomplit \u00bb<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><strong>[2]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n<p>Ces traditions \u00e9largissent la notion de charit\u00e9, passant des seuls avoirs mat\u00e9riels \u00e0 l&rsquo;ensemble des potentialit\u00e9s humaines.<\/p>\n<p><strong>La charit\u00e9 dans les diff\u00e9rentes religions<\/strong><\/p>\n<p>Le principe de la bienfaisance, bien que fond\u00e9 sur des bases et des pratiques diverses, se retrouve \u00e9galement dans les grandes traditions religieuses.<\/p>\n<p>Dans le juda\u00efsme, le concept de <em>tzedakah<\/em> est \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 la justice et au devoir moral. Porter secours aux d\u00e9munis ne rel\u00e8ve pas d&rsquo;un simple \u00e9lan de compassion, mais de l&rsquo;accomplissement d&rsquo;un droit \u00e9thique. Selon la tradition attribu\u00e9e \u00e0 Ma\u00efmonide, la forme d&rsquo;aide la plus \u00e9lev\u00e9e consiste \u00e0 conduire le n\u00e9cessiteux vers l&rsquo;autosuffisance, par exemple en lui fournissant un emploi, un capital, une formation ou les moyens de subvenir \u00e0 ses besoins.<\/p>\n<p>Dans le christianisme, la <em>caritas<\/em>, ou l&rsquo;amour d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9, occupe une place fondamentale. Servir l&rsquo;affam\u00e9, le malade et l&rsquo;\u00e9tranger est consid\u00e9r\u00e9 comme un service rendu au Christ, et l&rsquo;aum\u00f4ne cach\u00e9e y est pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ostentation.<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a><\/p>\n<p>Dans les traditions hindoue et bouddhiste, le <em>d\u0101na<\/em> incarne une pratique de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et de la lib\u00e9ration de l&rsquo;attachement.<\/p>\n<p>Dans le sikhisme \u00e9galement, le <em>seva<\/em> (le service d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9) et la tradition de la cuisine communautaire du <em>langar<\/em> mettent l&rsquo;accent sur le d\u00e9vouement et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 sociale.<\/p>\n<p>Ces traditions ne sont point identiques, mais elles convergent vers un m\u00eame point : donner ne se r\u00e9sume pas \u00e0 un simple transfert de biens ; cela \u00e9duque \u00e9galement le donateur et fa\u00e7onne la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Panorama des formes de bienfaisance<\/strong><\/p>\n<p>Pour \u00e9largir la participation publique, il convient d&rsquo;encourager chacun \u00e0 ne point se focaliser uniquement sur les liquidit\u00e9s de son compte bancaire, mais \u00e0 prendre conscience de l&rsquo;ensemble de ses avoirs financiers et non financiers.<\/p>\n<table width=\"100%\">\n<thead>\n<tr>\n<td width=\"26%\"><strong>Domaine de la charit\u00e9<\/strong><\/td>\n<td width=\"45%\"><strong>Exemples de participation<\/strong><\/td>\n<td width=\"26%\"><strong>B\u00e9n\u00e9fice principal<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"26%\"><strong>Secours d&rsquo;urgence<\/strong><\/td>\n<td width=\"45%\">Vivres, m\u00e9dicaments, abris et aide en cas de guerre, d&rsquo;inondations, de s\u00e9ismes et de d\u00e9placements de population.<\/td>\n<td width=\"26%\">Sauver des vies et att\u00e9nuer la souffrance imm\u00e9diate.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"26%\"><strong>Soutien aux conditions de vie<\/strong><\/td>\n<td width=\"45%\">Prise en charge des d\u00e9penses essentielles pour les familles, les personnes \u00e2g\u00e9es, les orphelins et les personnes en situation de handicap.<\/td>\n<td width=\"26%\">Pr\u00e9server un niveau de vie minimal digne.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"26%\"><strong>Autonomisation \u00e9conomique<\/strong><\/td>\n<td width=\"45%\">Formation professionnelle, outils de travail, pr\u00eats sans int\u00e9r\u00eat, cr\u00e9ation d&#8217;emplois et conseil en gestion d&rsquo;entreprise.<\/td>\n<td width=\"26%\">R\u00e9duire la d\u00e9pendance et g\u00e9n\u00e9rer un revenu durable.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"26%\"><strong>\u00c9ducation et savoir<\/strong><\/td>\n<td width=\"45%\">Bourses d&rsquo;\u00e9tudes, enseignement b\u00e9n\u00e9vole, biblioth\u00e8ques, traduction, recherche et contenus ouverts.<\/td>\n<td width=\"26%\">Ouvrir des perspectives \u00e0 long terme.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"26%\"><strong>Sant\u00e9 physique et mentale<\/strong><\/td>\n<td width=\"45%\">Soins m\u00e9dicaux, dons de sang et d&rsquo;organes, accompagnement psychologique, soutien aux malades et soins palliatifs.<\/td>\n<td width=\"26%\">Prot\u00e9ger la vie et la qualit\u00e9 de vie.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"26%\"><strong>Expertise professionnelle<\/strong><\/td>\n<td width=\"45%\">Prestations gratuites en m\u00e9decine, droit, comptabilit\u00e9, ing\u00e9nierie, design ou communication.<\/td>\n<td width=\"26%\">Transformer une comp\u00e9tence en capital social.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"26%\"><strong>Charit\u00e9 num\u00e9rique<\/strong><\/td>\n<td width=\"45%\">Dons d&rsquo;\u00e9quipements et d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 Internet, alphab\u00e9tisation num\u00e9rique, logiciels libres, accessibilit\u00e9 pour les malvoyants et les malentendants, et soutien en cybers\u00e9curit\u00e9 pour les institutions.<\/td>\n<td width=\"26%\">Assurer un acc\u00e8s \u00e9quitable aux nouvelles opportunit\u00e9s.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"26%\"><strong>Charit\u00e9 sociale et juridique<\/strong><\/td>\n<td width=\"45%\">M\u00e9diation, soutien aux victimes de violences, d\u00e9fense juridique des opprim\u00e9s, et aide aux r\u00e9fugi\u00e9s et aux d\u00e9tenus.<\/td>\n<td width=\"26%\">R\u00e9tablir les droits et r\u00e9duire l&rsquo;exclusion sociale.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"26%\"><strong>Environnement et patrimoine<\/strong><\/td>\n<td width=\"45%\">Plantations et entretien d&rsquo;arbres, nettoyage de la nature, protection de l&rsquo;eau, de la faune et du patrimoine culturel.<\/td>\n<td width=\"26%\">Sauvegarder les droits des g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"26%\"><strong>Temps et soutien \u00e9motionnel<\/strong><\/td>\n<td width=\"45%\">Visite \u00e0 une personne \u00e2g\u00e9e isol\u00e9e, encadrement d&rsquo;un adolescent, garde d&rsquo;enfants ponctuelle, \u00e9coute et compagnie.<\/td>\n<td width=\"26%\">Gu\u00e9rir la solitude et consolider les liens humains.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"26%\"><strong>Dotation et infrastructures durables<\/strong><\/td>\n<td width=\"45%\">Constitution de biens de mainmorte (<em>waqf<\/em>), fonds universitaires, cliniques, \u00e9coles, centres de formation ou capital productif.<\/td>\n<td width=\"26%\">P\u00e9renniser les bienfaits \u00e0 travers les g\u00e9n\u00e9rations.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"26%\"><strong>Promotion et mise en r\u00e9seau<\/strong><\/td>\n<td width=\"45%\">Signalement d&rsquo;un besoin av\u00e9r\u00e9, mise en relation de donateurs avec des sp\u00e9cialistes, et mobilisation de b\u00e9n\u00e9voles.<\/td>\n<td width=\"26%\">Multiplier la capacit\u00e9 caritative sans n\u00e9cessiter de fortune personnelle.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Cette diversit\u00e9 nous enseigne que nul n&rsquo;est \u00ab trop d\u00e9muni \u00bb ni \u00ab trop occup\u00e9 \u00bb pour pratiquer la charit\u00e9. Une personne peut manquer de ressources financi\u00e8res tout en dispensant un cours b\u00e9n\u00e9volement une heure par semaine ; un m\u00e9decin peut consacrer une partie de son temps \u00e0 des soins gratuits ; un traducteur peut rendre des informations vitales accessibles aux migrants ; un informaticien peut concevoir un syst\u00e8me simple pour une institution ; ou chacun peut simplement porter un besoin l\u00e9gitime \u00e0 la connaissance d&rsquo;une personne en mesure d&rsquo;y r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>L&rsquo;aide d&rsquo;urgence demeure certes indispensable. N\u00e9anmoins, si toutes les \u00e9nergies caritatives se consument dans la distribution de colis alimentaires tout en d\u00e9laissant l&rsquo;\u00e9ducation, l&#8217;emploi et la pr\u00e9vention, la pauvret\u00e9 se trouve g\u00e9r\u00e9e au lieu d&rsquo;\u00eatre gu\u00e9rie.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;intention : l&rsquo;\u00e2me de la charit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Dans la pens\u00e9e islamique, la valeur morale et spirituelle d&rsquo;une action ne saurait \u00eatre dissoci\u00e9e de l&rsquo;intention qui la fonde. L&rsquo;imam al-Sajjad, que la paix soit sur lui, a enseign\u00e9 :<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u0644\u0627 \u0639\u064e\u0645\u064e\u0644\u064e \u0625\u0650\u0644\u0651\u0627 \u0628\u0650\u0646\u0650\u06cc\u0651\u064e\u0629\u064d\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab Il n&rsquo;y a d&rsquo;action qu&rsquo;avec l&rsquo;intention. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Il est \u00e9galement rapport\u00e9 du Proph\u00e8te Mohammad, que la paix et les b\u00e9n\u00e9dictions soient sur lui et sur sa famille :<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u0646\u0650\u06cc\u0651\u064e\u0629\u064f \u0627\u0644\u0652\u0645\u064f\u0624\u0652\u0645\u0650\u0646\u0650 \u062e\u064e\u06cc\u0652\u0631\u064c \u0645\u0650\u0646\u0652 \u0639\u064e\u0645\u064e\u0644\u0650\u0647\u0650&#8230; \u0648\u064e\u06a9\u064f\u0644\u0651\u064f \u0639\u064e\u0627\u0645\u0650\u0644\u064d \u06cc\u064e\u0639\u0652\u0645\u064e\u0644\u064f \u0639\u064e\u0644\u0649 \u0646\u0650\u06cc\u0651\u064e\u062a\u0650\u0647\u0650\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab L&rsquo;intention du croyant est meilleure que son action&#8230; et chacun agit selon son intention. \u00bb<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><strong>[4]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n<p>Une intention centr\u00e9e sur Dieu transforme la charit\u00e9 d&rsquo;une simple transaction humaine en un acte d&rsquo;adoration pur. Le Coran qualifie ainsi les vertueux:<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u0625\u0650\u0646\u0651\u064e\u0645\u064e\u0627 \u0646\u064f\u0637\u0652\u0639\u0650\u0645\u064f\u06a9\u064f\u0645\u0652 \u0644\u0650\u0648\u064e\u062c\u0652\u0647\u0650 \u0627\u0644\u0644\u0651\u064e\u0647\u0650 \u0644\u064e\u0627 \u0646\u064f\u0631\u0650\u06cc\u062f\u064f \u0645\u0650\u0646\u0652\u06a9\u064f\u0645\u0652 \u062c\u064e\u0632\u064e\u0627\u0621\u064b \u0648\u064e\u0644\u064e\u0627 \u0634\u064f\u06a9\u064f\u0648\u0631\u064b\u0627\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab C&rsquo;est pour l&rsquo;agr\u00e9ment d&rsquo;Allah que nous vous nourrissons : nous ne voulons de vous ni r\u00e9compense ni gratitude. \u00bb (Al-Insan,76:9)<\/em><\/p>\n<p>En revanche, le Coran consid\u00e8re que toute charit\u00e9 accompagn\u00e9e d&rsquo;ostentation, de reproches ou d&rsquo;humiliation perd toute substance spirituelle (Al-Baqarah, 2:262 et 2:64).<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, la sinc\u00e9rit\u00e9 ne dispense point d&rsquo;une organisation r\u00e9fl\u00e9chie. Une bonne intention ne saurait rendre vertueuse une m\u00e9thode d\u00e9fectueuse. Quelqu&rsquo;un peut nourrir le d\u00e9sir sinc\u00e8re d&rsquo;aider, mais, par manque de discernement, acheminer des biens inadapt\u00e9s, perturber un march\u00e9 local, divulguer des informations intimes ou investir des fonds dans un projet st\u00e9rile. La charit\u00e9 accomplie repose par cons\u00e9quent sur trois piliers indissociables : la puret\u00e9 de l&rsquo;intention, la justesse de la m\u00e9thode et l&rsquo;utilit\u00e9 du r\u00e9sultat.<\/p>\n<p>Rendre publique une action charitable ne rel\u00e8ve pas syst\u00e9matiquement de l&rsquo;ostentation. Le Coran indique que manifester sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 est louable, mais que la discr\u00e9tion au service des indigents demeure pr\u00e9f\u00e9rable (Al-Baqarah, 2 :271). Par cons\u00e9quent, si l&rsquo;annonce d&rsquo;un don s&rsquo;av\u00e8re n\u00e9cessaire pour \u00e9riger un mod\u00e8le, stimuler la participation ou assurer une transparence rigoureuse, elle s&rsquo;accorde avec la sinc\u00e9rit\u00e9, \u00e0 condition que la mise en avant du donateur ne se substitue pas aux besoins r\u00e9els et que la dignit\u00e9 du b\u00e9n\u00e9ficiaire ne devienne point le prix de la publicit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Comment faire le bien sans tomber dans ses pi\u00e8ges ?<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;action caritative, \u00e0 l&rsquo;instar de toute entreprise humaine, comporte des risques d&rsquo;effets secondaires et de d\u00e9rives. La solution ne r\u00e9side point dans l&rsquo;abandon de la bienfaisance, mais dans son exercice avec davantage d&rsquo;\u00e9thique et de professionnalisme.<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Identifier le besoin r\u00e9el :<\/strong> Les pr\u00e9f\u00e9rences du donateur ne doivent pas \u00eatre impos\u00e9es \u00e0 ceux qui se trouvent dans le besoin. Avant d&rsquo;initier tout projet, il convient de consulter les personnes concern\u00e9es elles-m\u00eames ainsi que les sp\u00e9cialistes locaux afin de d\u00e9terminer les v\u00e9ritables priorit\u00e9s. Parfois, une aide financi\u00e8re cibl\u00e9e s&rsquo;av\u00e8re plus efficace que l&rsquo;envoi de marchandises ; \u00e0 d&rsquo;autres moments, en raison de circonstances particuli\u00e8res, un soutien non mon\u00e9taire demeure indispensable.<\/li>\n<li><strong>Pr\u00e9server la dignit\u00e9 du b\u00e9n\u00e9ficiaire :<\/strong> Diffuser des images d&rsquo;un enfant, d&rsquo;un malade ou d&rsquo;une famille dans le besoin sans leur consentement \u00e9clair\u00e9, \u00e9taler les d\u00e9tails de leur vie priv\u00e9e, organiser des files d&rsquo;attente humiliantes ou instrumentaliser les personnes d\u00e9munies \u00e0 des fins publicitaires est incompatible avec l&rsquo;esprit de bienfaisance. Dans bien des cas, une aide discr\u00e8te ou octroy\u00e9e par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;un tiers de confiance s&rsquo;av\u00e8re plus appropri\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Maintenir l&rsquo;\u00e9quilibre entre secours d&rsquo;urgence et autonomisation :<\/strong> Il est vain d&rsquo;exiger d&rsquo;une personne affam\u00e9e qu&rsquo;elle commence par acqu\u00e9rir une comp\u00e9tence : son besoin imm\u00e9diat doit imp\u00e9rativement \u00eatre combl\u00e9. N\u00e9anmoins, si un programme se confine \u00e0 l&rsquo;alimentation perp\u00e9tuelle sans ouvrir de perspectives vers l&rsquo;\u00e9ducation, les soins, l&#8217;emploi ou l&rsquo;autosuffisance, il ne fait qu&rsquo;institutionnaliser la d\u00e9pendance.<\/li>\n<li><strong>Ne point substituer des actes de charit\u00e9 \u00e0 des devoirs prioritaires :<\/strong> Nul ne saurait retenir le salaire d&rsquo;un travailleur, s&rsquo;affranchir d&rsquo;une dette, n\u00e9gliger la pension due \u00e0 sa famille ou esquiver ses obligations fiscales l\u00e9gales pour ensuite employer une fraction de ces richesses \u00e0 se forger une image de bienfaiteur. Le Coran nous commande de d\u00e9penser les biens sains et licites que nous avons acquis (Al-Baqarah , 2: 267). La v\u00e9ritable charit\u00e9 trouve son fondement dans la justice en mati\u00e8re d&rsquo;acquisition et dans l&rsquo;acquittement rigoureux des droits d&rsquo;autrui.<\/li>\n<li><strong>Conna\u00eetre les limites de ses propres capacit\u00e9s :<\/strong> Un \u00e9lan de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 passionn\u00e9 qui plonge une personne dans l&rsquo;endettement, p\u00e8se sur sa famille ou l&rsquo;\u00e9puise s&rsquo;av\u00e8re rarement p\u00e9renne. Une tradition enseigne :<\/li>\n<\/ol>\n<p><strong>\u00ab<\/strong><strong>\u0648\u064e\u0627\u0628\u0652\u062f\u064e\u0623\u0652 \u0628\u0650\u0645\u064e\u0646\u0652 \u062a\u064e\u0639\u064f\u0648\u0644\u064f\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab Commence par ceux dont tu as la charge. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Un don r\u00e9gulier et proportionn\u00e9 se r\u00e9v\u00e8le souvent plus profitable qu&rsquo;une largesse exceptionnelle et impulsive.<\/p>\n<ol start=\"6\">\n<li><strong>Prendre au s\u00e9rieux le contr\u00f4le et la transparence :<\/strong> Les institutions se doivent d&rsquo;instaurer des contr\u00f4les financiers, une s\u00e9paration des responsabilit\u00e9s, des politiques de pr\u00e9vention des conflits d&rsquo;int\u00e9r\u00eats, des mesures de protection pour les enfants et les personnes vuln\u00e9rables, des m\u00e9canismes de signalement, une \u00e9valuation de l&rsquo;impact ainsi qu&rsquo;une reddition de comptes claire. L&rsquo;absence totale de frais administratifs ne constitue point un gage d&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 ; les audits, la formation du personnel, la s\u00e9curisation des outils num\u00e9riques et la supervision ont un co\u00fbt. Le crit\u00e8re juste exige que les d\u00e9penses demeurent raisonnables, transparentes et vou\u00e9es au service de la mission, plut\u00f4t que de brandir artificiellement le ratio administratif le plus bas.<\/li>\n<\/ol>\n<p><strong>Gouvernement, citoyens et organisations : \u00e0 qui incombe la responsabilit\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;existence d&rsquo;un \u00c9tat providence ou d&rsquo;un vaste syst\u00e8me de services publics ne dispense point les citoyens de l&rsquo;action caritative, de m\u00eame que l&rsquo;activit\u00e9 philanthropique ne d\u00e9gage pas l&rsquo;\u00c9tat de ses responsabilit\u00e9s juridiques et de justice sociale. La formulation la plus exacte s&rsquo;\u00e9nonce ainsi : \u00ab L&rsquo;\u00c9tat ne se substitue pas \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, et l&rsquo;on ne saurait attendre de la soci\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;elle se substitue \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Le r\u00f4le des particuliers<\/strong><\/p>\n<p>Les particuliers constituent le cercle le plus proche des souffrances quotidiennes. Ils poss\u00e8dent la facult\u00e9 de d\u00e9celer les besoins dissimul\u00e9s, de tisser des liens humains, de faire du b\u00e9n\u00e9volat, de donner r\u00e9guli\u00e8rement et de veiller au bon fonctionnement des institutions. Aucun proche, voisin ou parent dans le besoin ne devrait \u00eatre d\u00e9laiss\u00e9 au milieu de l&rsquo;agitation des grands projets.<\/p>\n<p><strong>Le r\u00f4le des organisations caritatives<\/strong><\/p>\n<p>Les organisations caritatives et non gouvernementales transforment des gestes d&rsquo;aide \u00e9pars en actions sp\u00e9cialis\u00e9es. Leurs missions consistent \u00e0 \u00e9valuer les besoins, \u00e0 s\u00e9lectionner ad\u00e9quatement les b\u00e9n\u00e9ficiaires, \u00e0 ex\u00e9cuter les programmes avec professionnalisme, \u00e0 pr\u00e9server les ressources confi\u00e9es, \u00e0 mesurer les r\u00e9sultats et \u00e0 rendre compte en toute transparence. Ces institutions doivent b\u00e2tir une passerelle entre la puret\u00e9 des intentions individuelles et un impact r\u00e9el au sein de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Le r\u00f4le de l&rsquo;\u00c9tat<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;\u00c9tat a pour devoir de garantir les droits fondamentaux, la s\u00e9curit\u00e9 sociale, l&rsquo;\u00e9ducation, la sant\u00e9, les secours d&rsquo;urgence et le soutien aux personnes vuln\u00e9rables. Il lui incombe \u00e9galement d&rsquo;\u00e9tablir des r\u00e9glementations claires, une supervision proportionn\u00e9e, des incitations juridiques, des donn\u00e9es fiables ainsi que des espaces de coop\u00e9ration avec les organisations caritatives. Le mod\u00e8le souhaitable repose sur une division rationnelle des t\u00e2ches et une collaboration harmonieuse entre l&rsquo;\u00c9tat, la soci\u00e9t\u00e9 civile, le secteur priv\u00e9 et les citoyens, ce type de partenariat que les Nations unies consid\u00e8rent comme indispensable pour atteindre les Objectifs de d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n<p><strong>Khums et zakat : de la vertu volontaire \u00e0 la responsabilit\u00e9 financi\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;une des grandes forces du syst\u00e8me financier de l&rsquo;islam r\u00e9side dans le fait qu&rsquo;il ne s&rsquo;en remet point aux seuls \u00e9lans \u00e9ph\u00e9m\u00e8res du c\u0153ur pour lutter contre la pauvret\u00e9 et soutenir le bien-\u00eatre de la soci\u00e9t\u00e9. La <em>zakat<\/em> et le <em>khums<\/em> soustraient une part des richesses au domaine du choix purement personnel pour l&rsquo;\u00e9riger en droit imprescriptible. La mention r\u00e9it\u00e9r\u00e9e de la <em>zakat<\/em> aux c\u00f4t\u00e9s de la pri\u00e8re dans le Coran d\u00e9montre que la religiosit\u00e9 ne se r\u00e9sume pas au rapport vertical unissant l&rsquo;homme \u00e0 Dieu ; la relation horizontale entretenue avec les serviteurs d&rsquo;Allah fait partie int\u00e9grante de la foi.<\/p>\n<p>Le Coran d\u00e9finit des cat\u00e9gories pr\u00e9cises pour l&rsquo;attribution de la <em>zakat<\/em>, incluant les pauvres, les indigents, les d\u00e9biteurs et les voyageurs en d\u00e9tresse Al-Tawbah, 9 :60), tout en qualifiant la <em>zakat<\/em> de moyen de purification et d&rsquo;\u00e9l\u00e9vation spirituelle (Al-Tawbah, 9 :103).<\/p>\n<p>Le <em>khums<\/em>, quant \u00e0 lui, s&rsquo;appuyant sur le verset 41 de la sourate al-Anf\u00e2l ainsi que sur les dispositions d\u00e9taill\u00e9es de la jurisprudence islamique, occupe une place capitale dans l&rsquo;\u00e9cole des Ahl al-Bayt (que la paix soit sur eux). Il permet de subvenir aux besoins religieux et sociaux, de secourir les ayants droit dans le besoin, de promouvoir l&rsquo;\u00e9ducation et la propagation religieuse, et de servir les int\u00e9r\u00eats de la communaut\u00e9 des croyants.<\/p>\n<p>En l&rsquo;absence de statistiques exhaustives, il s&rsquo;av\u00e8re impossible de chiffrer globalement la contribution historique de ces deux obligations \u00e0 travers l&rsquo;ensemble des soci\u00e9t\u00e9s musulmanes. N\u00e9anmoins, leur potentiel demeure consid\u00e9rable. Si les pr\u00e9l\u00e8vements cultuels sont acquitt\u00e9s en temps voulu, collect\u00e9s avec professionnalisme, affect\u00e9s aux v\u00e9ritables priorit\u00e9s et g\u00e9r\u00e9s dans la transparence quant \u00e0 leur impact r\u00e9el, ils peuvent constituer un flux p\u00e9renne pour r\u00e9duire la pr\u00e9carit\u00e9, pr\u00e9server les institutions savantes et religieuses, et r\u00e9pondre aux urgences \u00e9mergentes.<\/p>\n<p>Plusieurs imp\u00e9ratifs doivent toutefois \u00eatre observ\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Premi\u00e8rement,<\/strong> les destinations l\u00e9gitimes de la <em>zakat<\/em> et du <em>khums<\/em> ne sont ni interchangeables ni illimit\u00e9es ; le contribuable ne saurait assimiler arbitrairement tout projet de son choix \u00e0 une d\u00e9pense religieuse valable. En particulier, le versement et l&#8217;emploi de la part de l&rsquo;Imam et de la part des descendants du Proph\u00e8te (<em>sayyids<\/em>) dans le cadre du <em>khums<\/em> sont subordonn\u00e9s \u00e0 l&rsquo;avis de l&rsquo;autorit\u00e9 religieuse comp\u00e9tente (<em>marja&rsquo;<\/em>) et aux autorisations requises.<\/li>\n<li><strong>Deuxi\u00e8mement,<\/strong> les obligations cultuelles ne couvrent point l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 des besoins sociaux. Elles doivent par cons\u00e9quent \u00eatre compl\u00e9t\u00e9es par la charit\u00e9 recommand\u00e9e (<em>sadaqa<\/em>), les biens de mainmorte (<em>waqf<\/em>), les pr\u00eats sans int\u00e9r\u00eat (<em>qard hasan<\/em>), les v\u0153ux formul\u00e9s avec discernement, les budgets publics et la responsabilit\u00e9 soci\u00e9tale des entreprises.<\/li>\n<li><strong>Troisi\u00e8mement,<\/strong> la confiance publique envers les fonds religieux repose pareillement sur la probit\u00e9, le professionnalisme, la hi\u00e9rarchisation rigoureuse des priorit\u00e9s et la clart\u00e9 des bilans.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 du <em>khums<\/em> et de la <em>zakat<\/em>, la dotation (<em>waqf<\/em>) poss\u00e8de une aptitude singuli\u00e8re \u00e0 b\u00e2tir des infrastructures durables. Si la charit\u00e9 et la <em>zakat<\/em> r\u00e9pondent souvent aux n\u00e9cessit\u00e9s imm\u00e9diates, les dotations productives permettent d&rsquo;entretenir des \u00e9coles, des cliniques, des centres de recherche, des logements sociaux et des fonds d&rsquo;aide \u00e0 l&#8217;emploi \u00e0 travers les g\u00e9n\u00e9rations. La renaissance de la bienfaisance islamique demeurera inachev\u00e9e sans une r\u00e9adaptation du <em>waqf<\/em> aux d\u00e9fis de notre \u00e9poque.<\/p>\n<p><strong>Quand une trahison \u00e9branle la confiance publique<\/strong><\/p>\n<p>Une erreur, une mauvaise gestion ou un acte de trahison commis par une personne responsable d&rsquo;une organisation caritative engendre des ravages bien au-del\u00e0 de l&rsquo;institution concern\u00e9e, car le capital le plus pr\u00e9cieux de l&rsquo;action humanitaire demeure la confiance. Lorsque celle-ci se trouve alt\u00e9r\u00e9e, les premi\u00e8res victimes innocentes sont pr\u00e9cis\u00e9ment les personnes dans le besoin, qui ne portent aucune responsabilit\u00e9 dans ce manquement. C&rsquo;est pourquoi les organisations ne sauraient dissimuler leurs d\u00e9faillances. Elles doivent au contraire enqu\u00eater, rendre des comptes, r\u00e9parer les pr\u00e9judices et r\u00e9former leurs m\u00e9canismes de pr\u00e9vention.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, la conclusion h\u00e2tive selon laquelle \u00ab puisque tel individu ou telle structure a trahi la confiance, nul ne m\u00e9rite plus d&rsquo;\u00eatre cru \u00bb rel\u00e8ve d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ralisation abusive sur le plan logique, et \u00e9quivaut, sur le plan moral, \u00e0 reporter la punition du coupable sur des innocents dans la d\u00e9tresse. Un acte de trahison constitue certes un motif l\u00e9gitime de se d\u00e9tourner de cet individu ou de cette structure d\u00e9fectueuse et d&rsquo;exiger des v\u00e9rifications approfondies, mais il ne saurait prouver la corruption g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de l&rsquo;ensemble des bienfaiteurs et des institutions. La voie juste consiste \u00e0 abandonner une confiance aveugle au profit d&rsquo;une confiance \u00e9clair\u00e9e et vigilante.<\/p>\n<p><strong>De la charit\u00e9 occasionnelle \u00e0 une culture durable<\/strong><\/p>\n<p>La Journ\u00e9e internationale de la charit\u00e9 prend tout son sens lorsqu&rsquo;elle m\u00e9tamorphose la bienfaisance, passant d&rsquo;une r\u00e9action \u00e9motionnelle et passag\u00e8re \u00e0 une habitude personnelle et \u00e0 un syst\u00e8me social durable. \u00c0 cette fin, plusieurs transformations s&rsquo;av\u00e8rent indispensables :<\/p>\n<ul>\n<li>Les contributions modestes mais r\u00e9guli\u00e8res doivent se substituer aux impulsions \u00e9motionnelles sans lendemain.<\/li>\n<li>Le secours d&rsquo;urgence doit s&rsquo;accompagner d&rsquo;une d\u00e9marche d&rsquo;autonomisation.<\/li>\n<li>Le b\u00e9n\u00e9ficiaire doit cesser d&rsquo;\u00eatre un simple objet de piti\u00e9 pour devenir un acteur partenaire dans la r\u00e9solution du probl\u00e8me.<\/li>\n<li>Les institutions doivent d\u00e9passer la simple comptabilisation des colis distribu\u00e9s pour rendre compte des changements r\u00e9els dans la vie des personnes.<\/li>\n<li>Les bienfaiteurs doivent s&rsquo;\u00e9lever du r\u00f4le de simples donateurs \u00e0 celui d&rsquo;apprenants, de contr\u00f4leurs et de collaborateurs.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les enfants et les jeunes doivent \u00e9galement \u00eatre initi\u00e9s d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge \u00e0 l&rsquo;action caritative \u2014 non pas seulement en glissant une pi\u00e8ce dans un tronc, mais par l&rsquo;exp\u00e9rience du service, la conscience respectueuse des besoins de la soci\u00e9t\u00e9, le travail en \u00e9quipe, la pr\u00e9servation de l&rsquo;environnement, et le don d&rsquo;une part de leur temps et de leurs talents au service d&rsquo;autrui. Une soci\u00e9t\u00e9 qui attend la charit\u00e9 des seuls nantis se prive d&rsquo;une part majeure de son capital humain.<\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Le 5 septembre nous rappelle que le monde ne se gouverne pas par les seules lois et les budgets ; l&#8217;empathie, le b\u00e9n\u00e9volat, la confiance et la responsabilit\u00e9 mutuelle constituent \u00e9galement les piliers fondamentaux de la soci\u00e9t\u00e9. Pourtant, la charit\u00e9 v\u00e9ritable ne se r\u00e9sume point \u00e0 une main qui donne et \u00e0 une main qui re\u00e7oit. Elle repr\u00e9sente un lien ind\u00e9fectible entre l&rsquo;amour et la justice, la sinc\u00e9rit\u00e9 et l&rsquo;expertise, le soulagement et l&rsquo;\u00e9mancipation, les citoyens et l&rsquo;\u00c9tat, le devoir religieux et la responsabilit\u00e9 sociale.<\/p>\n<p>Si nous concevons la bienfaisance comme tout acte l\u00e9gitime qui att\u00e9nue la souffrance, r\u00e9tablit un droit ou nourrit un talent, alors chaque \u00eatre humain poss\u00e8de quelque chose \u00e0 offrir. L&rsquo;un donne de ses biens, l&rsquo;autre de son savoir ; l&rsquo;un offre son temps, tandis qu&rsquo;un autre met sa r\u00e9putation et ses relations au service des autres pour d\u00e9nouer les difficult\u00e9s d&rsquo;une existence.<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Page officielle de l&rsquo;ONU consacr\u00e9e \u00e0 la Journ\u00e9e mondiale de la charit\u00e9, r\u00e9solution 67\/105 de l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, rapport du gouvernement de la Hongrie sur l&rsquo;adoption de la proposition<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> <em>Al-Kafi<\/em>, vol. 4, chapitre consacr\u00e9 aux actes de bienfaisance reconnus.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> \u00c9vangile selon Matthieu, 25:35-40 et 6:1-4.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> <em>Al-Kafi<\/em>, vol. 2, chapitre consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;intention.<\/p>\n<\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":3,"featured_media":10955,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[98],"tags":[],"class_list":["post-10996","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-theme-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10996","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10996"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10996\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11015,"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10996\/revisions\/11015"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10955"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10996"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10996"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10996"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}