{"id":10044,"date":"2026-07-17T16:06:14","date_gmt":"2026-07-17T15:06:14","guid":{"rendered":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/explorer-la-jurisprudence-islamique-volume-03-numero-29\/"},"modified":"2026-07-17T19:26:16","modified_gmt":"2026-07-17T18:26:16","slug":"explorer-la-jurisprudence-islamique-volume-03-numero-29","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/explorer-la-jurisprudence-islamique-volume-03-numero-29\/","title":{"rendered":"Explorer la jurisprudence islamique \u2013 Volume 03 Num\u00e9ro 29"},"content":{"rendered":"<div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 fusion-flex-container has-pattern-background has-mask-background nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-flex-wrap:wrap;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row fusion-flex-align-items-flex-start fusion-flex-content-wrap\" style=\"max-width:1438.5px;margin-left: calc(-5% \/ 2 );margin-right: calc(-5% \/ 2 );\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-flex-column\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:100%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:2.375%;--awb-margin-bottom-large:0px;--awb-spacing-left-large:2.375%;--awb-width-medium:100%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:2.375%;--awb-spacing-left-medium:2.375%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:2.375%;--awb-spacing-left-small:2.375%;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><h2 style=\"text-align: center;\"><strong>L\u2019institution de la Marja&rsquo;iyya et le concept du Wilayat al-Faqih dans la jurisprudence politique chiite<\/strong><\/h2>\n<p><strong>La raison d\u2019\u00eatre philosophique de la Marja&rsquo;iyya<\/strong><\/p>\n<p>Dans la pens\u00e9e et la jurisprudence politique chiites, la soci\u00e9t\u00e9 humaine n\u2019est jamais laiss\u00e9e sans guide spirituel pour la r\u00e9gulation de ses relations sociales. Avec l\u2019av\u00e8nement de l\u2019Occultation majeure du douzi\u00e8me Imam (que Dieu h\u00e2te sa r\u00e9apparition), l\u2019institution de la Marja&rsquo;iyya (autorit\u00e9 religieuse) a \u00e9merg\u00e9 en tant que \u00ab prolongement g\u00e9n\u00e9ral \u00bb de la guidance de l\u2019Imam infaillible. Sa fonction est de r\u00e9pondre aux probl\u00e9matiques \u00e9mergentes et aux besoins \u00e9volutifs de l\u2019\u00e9poque, que ce soit dans les domaines juridique, \u00e9conomique ou social.<\/p>\n<p>Les fondements th\u00e9oriques de cette institution reposent sur deux piliers principaux :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le fondement rationnel :<\/strong> Ce pilier repose sur le principe de la division des savoirs, selon lequel \u00ab\u00a0le non-sp\u00e9cialiste se r\u00e9f\u00e8re naturellement \u00e0 l&rsquo;expert\u00a0\u00bb. Dans ce cadre, les croyants ne poss\u00e9dant pas l\u2019expertise technique en sciences islamiques se tournent vers les \u00e9rudits pour obtenir des orientations conformes \u00e0 leurs devoirs cultuels.<\/li>\n<li><strong>Le fondement textuel :<\/strong> Le d\u00e9cret noble (<em>Tawqi&rsquo;<\/em>) de l\u2019Imam du Temps \u00e9tablit la base narrative de la Marja&rsquo;iyya : \u00ab Quant aux \u00e9v\u00e9nements survenant, r\u00e9f\u00e9rez-vous aux rapporteurs de nos traditions, car ils sont ma preuve sur vous, et je suis la preuve de Dieu sur eux. \u00bb Cette tradition consacre les juristes sp\u00e9cialis\u00e9s (<em>fuqaha<\/em>) comme r\u00e9f\u00e9rences faisant autorit\u00e9 pour identifier et expliciter les lois durant l\u2019Occultation.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Structure et fonction de la Marja&rsquo;iyya<\/strong><\/p>\n<p>La relation entre le croyant (<em>mukallaf<\/em>) et le <em>Marja&rsquo;<\/em> (source de r\u00e9f\u00e9rence) n\u2019est pas uniquement juridique ou acad\u00e9mique ; il s\u2019agit d\u2019un lien spirituel et \u00e9ducatif visant \u00e0 aligner le mode de vie du croyant sur la volont\u00e9 divine. Cette relation remplit deux fonctions essentielles :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L\u2019excuse (<em>Mu&rsquo;adhdhiriyyah<\/em>) :<\/strong> Si un croyant agit selon la fatwa d\u2019un <em>Marja&rsquo;<\/em>, il est excus\u00e9 devant Dieu, m\u00eame si la fatwa s\u2019av\u00e8re ult\u00e9rieurement erron\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>La certitude du devoir (<em>Munajjiziyyah<\/em>) :<\/strong> Si la fatwa s\u2019accorde avec le d\u00e9cret divin, le devoir religieux devient absolu et obligatoire pour le croyant.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Tout au long de l\u2019histoire chiite, la Marja&rsquo;iyya est demeur\u00e9e une institution ind\u00e9pendante des pouvoirs politiques. Cette autonomie a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9e par des m\u00e9canismes jurisprudentiels et \u00e9conomiques, tels que le <em>Khums<\/em> et autres redevances religieuses, dont les modalit\u00e9s de gestion et d&rsquo;application ont \u00e9t\u00e9 minutieusement th\u00e9oris\u00e9es par d&rsquo;\u00e9minents savants, tels que Sheikh Morteza Ansari.<\/p>\n<p><strong>Le concept de Wilayat al-Faqih et sa distinction avec la Marja&rsquo;iyya<\/strong><\/p>\n<p>La <em>Wilayat al-Faqih<\/em> (la tutelle du juriste islamique) est un concept th\u00e9ologico-juridique qui d\u00e9finit la gouvernance de la soci\u00e9t\u00e9 durant l\u2019Occultation. Cette th\u00e9orie est g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9sent\u00e9e selon deux interpr\u00e9tations principales :<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Tutelle sur les affaires de <em>Hisbiyyah<\/em> (interpr\u00e9tation restreinte) :<\/strong> Cette perspective limite l\u2019autorit\u00e9 du juriste aux affaires essentielles et in\u00e9luctables, telles que la tutelle des mineurs, les fondations religieuses (<em>waqf<\/em>) et les int\u00e9r\u00eats publics urgents.<\/li>\n<li><strong>Tutelle g\u00e9n\u00e9rale ou absolue (interpr\u00e9tation \u00e9tendue) :<\/strong> Cette vision soutient qu\u2019un juriste juste et comp\u00e9tent poss\u00e8de une autorit\u00e9 gouvernementale sur la soci\u00e9t\u00e9 comparable \u00e0 celle de l\u2019Imam infaillible. Il convient de noter que le terme \u00ab absolue \u00bb d\u00e9signe ici une autorit\u00e9 \u00e9tendue, li\u00e9e par le cadre de l\u2019int\u00e9r\u00eat public, et non un pouvoir tyrannique ou autocratique.<\/li>\n<\/ol>\n<p><strong>Distinction <\/strong><strong>structurelle<\/strong><\/p>\n<table width=\"100%\">\n<thead>\n<tr>\n<td width=\"23%\"><strong>Caract\u00e9ristique<\/strong><\/td>\n<td width=\"35%\"><strong>Marja&rsquo; (Autorit\u00e9 de la fatwa)<\/strong><\/td>\n<td width=\"40%\"><strong>Wali al-Faqih (Autorit\u00e9 de gouvernance)<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"23%\"><strong>R\u00f4le principal<\/strong><\/td>\n<td width=\"35%\">\u00c9mission de fatwas et explicitation de la loi<\/td>\n<td width=\"40%\">Gouvernance et administration de la soci\u00e9t\u00e9<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"23%\"><strong>Multiplicit\u00e9<\/strong><\/td>\n<td width=\"35%\">Possibilit\u00e9 de plusieurs <em>Marjas<\/em> simultan\u00e9s<\/td>\n<td width=\"40%\">Unit\u00e9 de commandement (centre unique)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"23%\"><strong>Port\u00e9e<\/strong><\/td>\n<td width=\"35%\">La fatwa lie uniquement les suiveurs<\/td>\n<td width=\"40%\">Le d\u00e9cret gouvernemental lie la soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8re<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><strong>R\u00e9futation de l\u2019all\u00e9gation de th\u00e9ocratie tyrannique<\/strong><\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience historique de l\u2019\u00c9glise m\u00e9di\u00e9vale, les structures de la Marja&rsquo;iyya et du Wilayat al-Faqih dans le chiisme sont intrins\u00e8quement anti-autocratiques, pour les raisons suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Ouverture \u00e0 la critique et absence d\u2019infaillibilit\u00e9 scientifique :<\/strong> La fatwa d\u2019un juriste est faillible, et les s\u00e9minaires islamiques (<em>Hawzas<\/em>) ont toujours \u00e9t\u00e9 des espaces de critique argument\u00e9e et libre.<\/li>\n<li><strong>Perte automatique de l\u00e9gitimit\u00e9 :<\/strong> Si un juriste penche vers l\u2019oppression ou les d\u00e9sirs personnels, il perd la condition requise de \u00ab justice \u00bb (<em>&lsquo;adalah<\/em>). Par cons\u00e9quent, sa l\u00e9gitimit\u00e9 est imm\u00e9diatement caduque, sans n\u00e9cessit\u00e9 de destitution formelle.<\/li>\n<li><strong>Ind\u00e9pendance financi\u00e8re :<\/strong> La d\u00e9pendance de la Marja&rsquo;iyya aux contributions publiques volontaires renforce le lien avec la base populaire et emp\u00eache la concentration des ressources \u00e9tatiques.<\/li>\n<li><strong>L\u2019\u00e9quilibre entre l\u00e9gitimit\u00e9 divine et acceptation publique :<\/strong> La jurisprudence politique chiite \u00e9tablit une relation dialectique entre la comp\u00e9tence du juriste et la volont\u00e9 populaire :\n<ul>\n<li><strong>Prohibition d\u2019imposer la gouvernance :<\/strong> Fond\u00e9e sur l\u2019attitude de l\u2019Imam Ali dans le sermon <em>Shiqshiqiyya<\/em>, l\u2019acceptation du pouvoir est contingente \u00e0 la pr\u00e9sence et au soutien du peuple. Un juriste n\u2019a aucun droit d\u2019imposer son autorit\u00e9 \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 qui la refuse.<\/li>\n<li><strong>Le devoir civique des citoyens :<\/strong> Toutefois, en pr\u00e9sence d\u2019un juriste pleinement qualifi\u00e9, la preuve est \u00e9tablie aupr\u00e8s du peuple, qui porte la responsabilit\u00e9 morale et historique de soutenir le front de la justice. La tradition c\u00e9l\u00e8bre :<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00ab\u0645\u064e\u062b\u064e\u0644\u064f \u0627\u0644\u0652\u0625\u0650\u0645\u064e\u0627\u0645\u0650 \u0645\u064e\u062b\u064e\u0644\u064f \u0627\u0644\u0652\u06a9\u064e\u0639\u0652\u0628\u064e\u0629\u0650 \u0625\u0650\u0630\u0652 \u062a\u064f\u0624\u0652\u062a\u064e\u0649 \u0648\u064e\u0644\u064e\u0627 \u062a\u064e\u0623\u0652\u062a\u0650\u06cc\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab L&rsquo;Imam est comme la Kaaba : c&rsquo;est vers lui que les gens doivent se rendre, ce n&rsquo;est pas lui qui va vers eux. \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><em>(Bi<\/em><em>\u1e25<\/em><em>\u0101r al-Anw\u0101r, vol. 36, p. 353)<\/em><\/p>\n<p>, associ\u00e9e au verset coranique\u00a0:<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u0644\u0650\u06cc\u064e\u0642\u064f\u0648\u0645\u064e \u0627\u0644\u0646\u0651\u064e\u0627\u0633\u064f \u0628\u0650\u0627\u0644\u0652\u0642\u0650\u0633\u0652\u0637\u0650 \u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0\u2026les gens \u00e9tablissent la justice\u00a0\u00bb (Al-Hadid, 57\u00a0:25)<\/em><\/p>\n<p>, souligne le r\u00f4le actif du public dans la r\u00e9alisation de la justice.<\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Le syst\u00e8me de la <em>Marja&rsquo;iyya<\/em> et celui de la <em>Wilayat al-Faqih<\/em> dans l&rsquo;islam chiite constituent une structure dynamique et rationnelle, fond\u00e9e sur des normes \u00e9thiques rigoureuses. Ce syst\u00e8me limite le pouvoir du dirigeant par des pr\u00e9requis \u00e9thiques, maintient ouverte la porte de la critique acad\u00e9mique et conditionne l&rsquo;effectivit\u00e9 de la gouvernance \u00e0 la volont\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;acceptation populaires. Par cons\u00e9quent, il \u00e9tablit une fronti\u00e8re nette qui le distingue des th\u00e9ocraties tyranniques. Parall\u00e8lement, en insistant sur la responsabilit\u00e9 des citoyens \u00e0 soutenir le camp de la justice, il pr\u00e9sente un mod\u00e8le avanc\u00e9 d&rsquo;interaction mutuelle et de redevabilit\u00e9 entre le dirigeant et la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Note finale :<\/strong> Les d\u00e9bats entourant la <em>Marja&rsquo;iyya<\/em> et la <em>Wilayat al-Faqih<\/em> sont vastes et hautement sp\u00e9cialis\u00e9s. Ce texte ne sert que de bref aper\u00e7u pour une premi\u00e8re familiarisation ; une \u00e9tude approfondie des sources jurisprudentielles et th\u00e9ologiques est n\u00e9cessaire pour une compr\u00e9hension exhaustive.<\/p>\n<\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":3,"featured_media":10016,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[130],"tags":[],"class_list":["post-10044","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-explorer-la-jurisprudence-islamique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10044","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10044"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10044\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10016"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10044"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10044"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fridaybulletin.co.uk\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10044"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}