Les règles relatives à la prière du vendredi

Remarque :
Les règles détaillées concernant la prière du vendredi peuvent être consultées dans les ouvrages de lois pratiques (Risālah ‘Amaliyyah) approuvés par les Marāji‘ (les grands jurisconsultes), tels que l’Ayatollah Khamenei, l’Ayatollah Sistani, et d’autres.

Réponse :
La preuve la plus claire de l’importance de cette obligation islamique majeure se trouve avant tout dans les versets de la sourate al-Jumu‘ah, qui ordonnent à tous les musulmans et croyants de se hâter vers la prière du vendredi dès l’appel à la prière, en laissant de côté toute activité commerciale ou tout projet susceptible de l’entraver. Même dans une année marquée par la pénurie alimentaire, les croyants ne doivent pas se détourner vers une caravane apportant des provisions, mais doivent continuer à assister à la prière du vendredi.

Les traditions islamiques soulignent également cette importance de manière très appuyée. Par exemple, dans un sermon rapporté du Prophète Muhammad (SAWAS), transmis aussi bien par des partisans que par des opposants, il est dit :
« En vérité, Allah, le Béni et le Très-Haut, a rendu la prière du vendredi obligatoire pour vous. Quiconque la néglige, de mon vivant ou après ma mort, par mépris ou par déni, Allah dispersera ses affaires et ne bénira pas ses actions. Sachez que sa prière ne sera pas acceptée, son aumône ne sera pas acceptée, son pèlerinage ne sera pas accepté, son jeûne ne sera pas accepté et ses bonnes œuvres ne seront pas acceptées jusqu’à ce qu’il se repente ! »

Dans une autre tradition rapportée de l’Imam al-Baqir (AS), il est dit :
« La prière du vendredi est une obligation, et le rassemblement pour elle avec l’imam (infaillible) est obligatoire. Si un homme abandonne trois vendredis consécutifs sans excuse valable, il a effectivement abandonné trois obligations, et nul n’abandonne trois obligations sans excuse si ce n’est un hypocrite. »

De plus, dans une autre tradition rapportée du Messager d’Allah (SAWAS), il est dit :
« Quiconque assiste à la prière du vendredi avec foi et dans l’espoir de la récompense, ses péchés lui seront pardonnés et il recommencera ses œuvres à nouveau. »

Les narrations à ce sujet sont nombreuses et il serait trop long de toutes les mentionner ici. Nous conclurons donc cette discussion par une autre tradition :

Un homme se présenta auprès du Messager d’Allah (SAWAS) et dit : « Ô Messager d’Allah ! Je me suis préparé de nombreuses fois pour le pèlerinage (Hajj), mais je n’en ai pas eu l’opportunité. » Il lui répondit :
« Assiste à la prière du vendredi, car elle est le pèlerinage des pauvres », indiquant ainsi que de nombreuses bénédictions du grand rassemblement islamique du Hajj se retrouvent dans la congrégation de la prière du vendredi.

Toutefois, il convient de noter que les sévères condamnations concernant l’abandon de la prière du vendredi et l’assimilation de ceux qui la négligent aux hypocrites s’appliquent uniquement lorsque la prière du vendredi est obligatoire au sens absolu, c’est-à-dire en présence de l’imam infaillible et avec l’exercice effectif de son autorité. En période d’occultation, lorsque la prière du vendredi est une obligation conditionnelle (avec le choix entre la prière du vendredi et la prière du Dhuhr), et qu’elle n’est pas délaissée par mépris ou par déni, elle ne relève pas de cette condamnation, bien que la grandeur et l’importance exceptionnelle de la prière du vendredi demeurent pleinement établies même dans ce cas. (Pour davantage de détails, il convient de se référer aux ouvrages de jurisprudence.)

Réponse :
Avant toute chose, la prière du vendredi est un acte cultuel communautaire majeur, porteur de profonds effets spirituels. Elle apaise l’âme, purifie le cœur des souillures du péché et efface les traces de la désobéissance, en particulier grâce à ses deux sermons qui contiennent exhortations, avertissements et appels à la piété et à la droiture.

D’un point de vue social et politique, la prière du vendredi constitue un grand congrès hebdomadaire, venant juste après le pèlerinage annuel du Hajj, et elle est considérée comme la plus importante assemblée islamique. C’est pourquoi un hadith attribué au Prophète Muhammad (que la paix et les bénédictions soient sur lui et sur sa famille) affirme :
« Le vendredi est le Hajj de ceux qui ne peuvent accomplir le pèlerinage. »

En réalité, l’islam met l’accent sur trois grandes assemblées collectives :

  1. Les prières quotidiennes en congrégation.
  2. La prière hebdomadaire du vendredi en congrégation.
  3. Le rassemblement annuel du pèlerinage du Hajj.

Parmi celles-ci, le rôle de la prière du vendredi est particulièrement crucial, car l’une des missions du prédicateur lors du sermon du vendredi est d’aborder les questions politiques, sociales et économiques importantes. Ainsi, cette grande assemblée peut engendrer de nombreuses bénédictions, notamment :

  • Informer les gens des enseignements islamiques et des événements sociaux et politiques majeurs ;
  • Créer l’unité et la solidarité entre les musulmans, inspirant la crainte chez leurs ennemis ;
  • Raviver l’esprit religieux et la vitalité spirituelle au sein de la communauté ;
  • Encourager la coopération afin de résoudre les problèmes communs.

Pour cette raison, les ennemis de l’islam ont toujours redouté une prière du vendredi complète, appliquée conformément aux prescriptions islamiques. La prière du vendredi a donc toujours constitué un puissant instrument politique entre les mains des gouvernements. Les régimes justes, comme celui du Prophète Muhammad (SAWAS), l’ont utilisée au service de l’islam, tandis que les régimes oppressifs, tels que les Omeyyades, l’ont exploitée pour consolider leur pouvoir.

Tout au long de l’histoire, on observe que ceux qui envisageaient de se soulever contre un gouvernement commençaient par s’abstenir d’assister à la prière du vendredi. Par exemple, dans le récit de Karbala, il est rapporté qu’un groupe de chiites se réunit dans la maison de Salim ibn Sa‘d al-Khuzai et écrivit à l’Imam Hussein (que la paix soit sur lui) :
« Nu‘man ibn Bashir, le gouverneur de Koufa, nous a isolés. Nous n’assistons pas à sa prière du vendredi, et si nous apprenons que tu te diriges vers nous, nous le chasserons de Koufa. »

Dans la Sahifa Sajjadiyya, attribuée à l’Imam Sajjad (AS), on lit :
« Ô Allah ! Ceci — en référence à la prière du vendredi et à celle de l’Aïd al-Adha — est la position de Tes califes, de Tes élus et de Tes dépositaires de confiance, dans la haute station que Tu leur as réservée, mais que les oppresseurs ont usurpée et arrachée à ses véritables détenteurs. »

Il arrive parfois que les ennemis de l’islam empoisonnent l’atmosphère par leur propagande tout au long de la semaine ; mais un seul sermon du vendredi, accompagné de sa cérémonie majestueuse, suffit à anéantir tous leurs efforts, insufflant une nouvelle vie aux corps et faisant circuler un sang neuf dans les veines de la communauté.

Il convient de noter que, selon la jurisprudence chiite, il n’est pas permis d’établir plus d’une prière du vendredi dans un rayon d’un farsakh (environ 11 kilomètres). Même ceux qui se trouvent à une distance de deux farsakhs du lieu de rassemblement participent à cette prière. Cela montre qu’en pratique, dans toute ville — grande ou petite — et ses environs, il n’existe qu’une seule prière du vendredi en congrégation, faisant de cette assemblée, la plus vaste de la région.

Cependant, il est regrettable que ces cérémonies religieuses et politiques, capables de provoquer de grands mouvements au sein des sociétés islamiques, soient devenues, dans certains pays musulmans, dépourvues de vie et de sens sous l’influence de gouvernements corrompus. Elles ont alors pris la forme de simples rituels formels, et la perte de tels atouts immenses est véritablement déplorable.

La prière du vendredi la plus significative de l’année est celle qui précède le départ vers ‘Arafat à La Mecque, à laquelle participent tous les pèlerins du Hajj venus du monde entier. Ils représentent les véritables délégués de toutes les composantes de la communauté musulmane mondiale. Il conviendrait que de nombreux savants y consacrent des semaines, voire des mois d’étude, afin de préparer un sermon d’une telle importance et d’en présenter les conclusions en ce jour décisif, apportant ainsi une orientation précieuse à la société islamique et contribuant à la résolution de problèmes majeurs.

Or, il est profondément attristant de constater que, lors de telles occasions, de nombreuses questions secondaires, connues de tous, sont abordées, tandis que les enjeux fondamentaux sont à peine évoqués. Ne devrions-nous pas pleurer la perte de ces opportunités exceptionnelles et de ces richesses immenses ? Ne devrions-nous pas nous lever pour les transformer et leur redonner leur véritable rôle ?

Réponse :
La prière du vendredi (Jumu‘ah), lorsqu’elle est réunie avec toutes ses conditions requises, est obligatoire pour les hommes adultes et sains d’esprit qui ont la capacité d’y assister. En revanche, elle n’est pas obligatoire pour les voyageurs ni pour les personnes âgées.

Toutefois, il est permis aux voyageurs d’assister à la prière du vendredi. De même, les femmes peuvent y participer, bien qu’elle ne leur soit pas obligatoire.

Réponse:
Il existe quatre conditions essentielles pour la validité de la prière du vendredi:

  1. Elle doit être accomplie en prière collective (en congrégation).
  2. Elle doit être célébrée par au moins cinq personnes, dont une en tant qu’imam et quatre en tant que fidèles.
  3. Toutes les conditions requises pour la prière collective quotidienne doivent être respectées, telles que l’alignement correct des rangs et les règles habituelles de la prière en congrégation.
  4. Une distance minimale d’un farsakh (environ 11 kilomètres) doit être respectée entre deux lieux où la prière du vendredi est établie.

Réponse :
Il ne fait aucun doute que la prière du vendredi, comme toute autre prière en congrégation, exige que l’imam soit juste. Toutefois, la question se pose de savoir s’il existe des conditions supplémentaires propres à l’imam de la prière du vendredi.

Certains estiment que cette prière relève des fonctions de l’imam infaillible ou de son représentant particulier et qu’elle concerne donc exclusivement la période de la présence de l’imam infaillible (AS). En revanche, de nombreux savants considèrent que, si l’obligation de la prière du vendredi est absolue, cette condition n’est pas requise dans le cas de l’obligation conditionnelle. Ainsi, il est possible d’établir la prière du vendredi comme substitut de la prière de Dhuhr durant l’occultation de l’imam infaillible. De plus, chaque fois qu’un gouvernement islamique est établi conformément à ses conditions, il est recommandé que l’imam du vendredi soit désigné par le représentant (député) de l’Imam (AS), et que les musulmans participent à la prière du vendredi à titre d’obligation optionnelle (wâjib takhyîrî).

Si des doutes concernant la justice de l’imam apparaissent après l’accomplissement de la prière, ou si l’on acquiert la certitude qu’il n’est pas juste, la prière déjà accomplie demeure valide et il n’est pas nécessaire de la répéter.

Selon le verdict de l’Ayatollah Khamenei, l’imam dirigeant la prière du vendredi, dans toute région du monde islamique, doit être désigné par un dirigeant islamique juste (le Wali al-Faqih).

Un imam officiellement désigné pour la prière du vendredi est autorisé à diriger la prière du vendredi dans un lieu autre que celui pour lequel il a été initialement nommé.

Il est également permis à l’imam désigné de nommer temporairement un suppléant pour diriger la prière du vendredi ; toutefois, ce suppléant ne bénéficie pas des prérogatives liées à la désignation officielle par l’autorité jurisprudentielle.

Réponse :
La prière du vendredi se compose de deux unités de prière (rak‘ahs) et remplace la prière de Dhuhr (midi). Les deux sermons (khutbahs) prononcés avant la prière du vendredi tiennent lieu de deux rak‘ahs. À l’instar de la prière de Fajr (aube), il est recommandé de réciter à voix haute la sourate al-Fātiḥah ainsi qu’une autre sourate du Coran durant la prière du vendredi. Il est également recommandé de réciter la sourate al-Jumu‘ah dans la première rak‘ah après al-Fātiḥah, et la sourate al-Munāfiqūn dans la seconde rak‘ah.

Au cours de la prière du vendredi, il est recommandé d’accomplir deux invocations de Qunūt : l’une avant l’inclinaison (rukū‘) de la première rak‘ah, et l’autre après l’inclinaison de la seconde rak‘ah.

La récitation des deux sermons avant la prière est obligatoire, tout comme il est obligatoire pour le prédicateur (khāṭīb) de se tenir debout lors du sermon. La personne qui prononce le sermon doit être la même que celle qui dirige la prière du vendredi.

Le prédicateur doit élever la voix de manière à être entendu par l’assemblée, afin que le contenu du sermon parvienne à tous.

Pendant le sermon, les fidèles doivent garder le silence, écouter attentivement et rester assis face au prédicateur.

Il convient que le prédicateur soit éloquent, à l’expression fluide, instruit des affaires des musulmans, conscient des intérêts sociaux de la communauté islamique, courageux, clair dans son discours et ferme dans la défense de la vérité. Son comportement et ses actes doivent renforcer l’impact de ses paroles, et sa conduite doit rappeler Dieu aux gens.

Il est recommandé que le prédicateur porte des vêtements propres, utilise du parfum, marche avec dignité et calme, et, lorsqu’il monte sur la chaire (minbar), salue l’assemblée, se tienne face à elle et s’appuie sur une épée, un arc ou un bâton. Il doit d’abord s’asseoir sur la chaire jusqu’à la fin de l’appel à la prière (adhān), puis commencer le sermon après l’achèvement de l’adhān.

Le contenu du premier sermon doit comprendre la louange de Dieu et les bénédictions sur le Prophète Muhammad (que la paix soit sur lui), suivies d’une exhortation à la piété et de la récitation d’une courte sourate du Coran ; ces éléments doivent également être observés dans le second sermon. Dans ce dernier, après les bénédictions sur le Prophète, des invocations doivent être faites pour les dirigeants musulmans et des demandes de pardon pour les croyants.

Il est en outre approprié d’aborder les questions importantes concernant la religion et la communauté musulmane, tant au niveau local qu’international, notamment les sujets politiques, sociaux, économiques et religieux, en tenant compte des priorités. Cela vise à éclairer les fidèles, à les mettre en garde contre les complots des ennemis, et à les informer des plans à court et à long terme destinés à préserver la société islamique et à déjouer les manœuvres des adversaires.

En résumé, le prédicateur doit être vigilant, éveillé et compétent dans les sciences islamiques, et tirer pleinement profit de l’occasion offerte par cette grande cérémonie pour faire progresser les objectifs de l’islam et des musulmans.
(Il convient de noter qu’il existe de légères divergences entre les juristes quant aux règles et au contenu des sermons de la prière du vendredi ; ce qui a été mentionné ici constitue un résumé de différents avis juridiques.)

Dans une tradition rapportée de l’Imam Ali al-Ridha (AS), il est dit :
« Le sermon du vendredi a été institué parce que la prière du vendredi est un programme public. Dieu veut permettre au dirigeant des musulmans de prêcher aux gens, de les encourager à l’obéissance, de les mettre en garde contre la désobéissance à Dieu, de les informer de ce qui est bénéfique pour leur religion et leur vie ici-bas, et de leur transmettre des nouvelles et des événements importants provenant de diverses sources, qui influencent leurs intérêts, leurs avantages et leur destinée… Et deux sermons ont été prescrits : dans l’un, on glorifie, loue et sanctifie Dieu ; et dans l’autre, on traite des besoins, des avertissements et des invocations, et l’on annonce les ordres, les interdictions et les directives liés à la réforme ou à la corruption de la société islamique. »

Réponse :
Le temps de la prière du vendredi commence au moment où le soleil commence à décliner, c’est-à-dire au début du temps de midi (zawāl). Par précaution obligatoire, il ne convient pas de la retarder au-delà du temps habituel du début de la prière de Dhuhr, et ce d’environ une heure.

Réponse :
Au début du mois de Rabī‘ al-Awwal, le Prophète Muhammad (SAWAS) arriva à Médine. Le douzième jour, qui coïncidait avec un lundi, il entra dans le quartier de Qubā. Le Prophète (SAWAS) y demeura jusqu’au vendredi et y établit la Mosquée de Qubā.

Il dirigea ensuite la prière du vendredi dans les environs de Qubā, parmi la tribu des Banū Salim. Il s’agissait de la première prière du vendredi et du premier sermon du vendredi à Médine, établis par le Messager d’Allah (SAWAS).