Éditorial – volume 03 Numéro 07
Savoir, conscience et responsabilité publique.
Introduction :
Le numéro de cette semaine du Friday Bulletin rend hommage à deux grandes figures du savoir chiite et met en lumière la Journée internationale des femmes et des filles de science. Ensemble, ces événements invitent les responsables des communautés musulmanes à réfléchir au lien entre le savoir, la responsabilité morale et l’action publique.
22 Sha’ban : Décès de Ibn Shahr Āshūb (588AH/1192)
Ibn Shahr Āshūb (Abū Jaʿfar Muḥammad b. ʿAlī) est un grand savant du chiisme duodécimain, connu notamment pour des œuvres telles que Manāqib Āl Abī Ṭālib ainsi que pour ses commentaires sur le ḥadīth et les sciences coraniques. Il décède à Alep le 22 shaʿbān 588 de l’hégire (1192 de l’ère chrétienne). La vie d’Ibn Shahr Āshūb rappelle que la rigueur scientifique, la maîtrise des textes et le courage moral façonnent la mémoire collective ; son exemple invite les centres religieux à préserver un savoir exigeant tout en répondant aux besoins contemporains.
Enseignement du jour :
Préserver l’étude approfondie de nos textes, tout en traduisant toujours ce savoir en une responsabilité morale et un engagement social.
24 Sha’ban : Décès de Mirzā Muhammad Hassan Shĩrāzĩ (Mirzā-ye Bozorg) (1312AH/1895)
Le Grand Ayatollah Mirzā Muḥammad Ḥasan Shīrāzī (1815–1895) est un marjaʿ de premier plan, célèbre pour avoir émis en 1891 la fatwā contre le tabac (la « Protestation du Tabac »), un acte qui mobilise la résistance éthique et politique populaire en Iran Qadjār. Il décède en 1895 et est enterré à Najaf. L’exemple de Mirzā Shirāzī montre comment l’autorité religieuse relie conviction morale et bien-être public – un rappel que la guidance cléricale doit répondre aux préjudices sociaux concrets.
Enseignement du jour :
La guidance religieuse doit s’appuyer sur la responsabilité sociale ; un savoir qui néglige la justice sociale perd sa valeur éthique.
11 février 2026 : Journée Internationale des femmes et des filles de science
Proclamé par l’Assemblée générale des Nations unies en 2015, le 11 février est observé chaque année pour promouvoir l’accès des femmes et des filles aux sciences, à la technologie, à l’ingénierie et aux mathématiques (STEM).
Favoriser la participation des filles et des femmes dans les sciences relève à la fois de la justice et de l’épanouissement collectif : une connaissance plus diversifiée sert le bien commun. La tradition islamique accorde une grande valeur à la quête d’un savoir utile. Une formule prophétique bien connue affirme :
طَلَبُ اَلْعِلْمِ فَرِيضَةٌ عَلَى كُلِّ مُسْلِمٍ وَ مُسْلِمَةٍ (بحارالانوار، ج ۶۷ُ ص ۶۸)
« La quête du savoir est une obligation pour tout musulman et toute musulmane. » (Bihār al-Anwār, vol. 67, p. 68)
Enseignement du jour :
Soutenir et permettre aux filles et aux femmes d’apprendre et de contribuer dans les sciences renforce la foi, la société et le bien-être de l’humanité.
Réflexion finale
Profitez de cette semaine pour organiser, dans les mosquées et au sein des communautés, des événements qui combinent apprentissage historique et initiatives concrètes : un court séminaire sur le rôle éthique des savants (Ibn Shahr Āshūb), une discussion sur la direction religieuse et l’action civique (Mirzā Shirāzī), et un événement local encourageant les filles et les jeunes femmes à explorer les filières STEM. Ce faisant, nous rendons hommage à notre passé tout en ouvrant la voie à un avenir plus juste et éclairé.
sélection de la rédaction
Actualités par boîte de réception
Abonnez-vous à la newsletter.

